C’est leur premier partenariat avec une ville européenne. La start-up londonienne The Tyre Collective s’associe avec l’Eurométropole de Strasbourg (EMS) pour tester leur dernier prototype de captage de particules fines issues des pneus des véhicules. "Un véhicule de surveillance de la route va être équipé du dispositif pour une durée d’une semaine minimum", indique Françoise Schaetzel, vice-présidente de l’EMS en charge de la qualité de l’air et de la santé environnementale.
Particules fines issues de l’abrasion des pneus
Ce dispositif doit permettre de capter les particules fines, soit des PM10, issus de l’abrasion des pneus lors du frottement sur la route. "Pour capter les particules fines, nous nous servons de l’énergie électrostatique qui va attirer les particules dans le capteur. Cela fonctionne un peu comme un aimant", explique Hanson Cheng, PDG et cofondateur de The Tyre Collective.
La start-up, qui compte aujourd’hui huit salariés et a levé un million de livres sterling début 2024, récupère l’ensemble des résidus qui doivent ensuite être recyclés pour être transformés en caoutchouc. "Nous travaillons encore avec les recycleurs à ce sujet", précise le fondateur.
Un projet soutenu par l’Union européenne
Installé sur les deux roues arrière du camion, le dispositif va pouvoir capter les particules sur plusieurs centaines de kilomètres. "L’objectif est également de collecter des données pour mesurer l’impact concret de la mobilité dans la pollution atmosphérique", précise Hanson Cheng.
Après avoir remporté un appel d’offres sur le sujet de "l’European Institute of Innovation and Technology (EIT) Urban Mobility.", un organe de l’Union européenne, l’entreprise anglaise est soutenue financièrement à hauteur de 65 % par l’EIT pour la réalisation de ce test. C’est le quatorzième en conditions réelles pour la start-up, qui évalue ici son cinquième prototype amovible.
Développer la connaissance scientifique
Un test qui représente également un enjeu de développement de la connaissance scientifique sur le sujet, encore marginal en Europe par rapport notamment aux recherches réalisées sur les émissions liées aux échappements. "Nous sommes fiers de soutenir des solutions pionnières qui s’attaquent de front aux défis urbains émergents, [comme] lutter contre les émissions invisibles telles que celles causées par l’usure des pneus, des freins et de la route", témoigne Adriana Diaz, directrice de l’innovation à l’EIT Urban Mobility. Le financement de l’EIT comprend aussi la réalisation d’un test similaire à Londres dans les mois à avenir.
Intégrer à terme le dispositif dans la construction des voitures
Pour les prochaines années, la start-up britannique espère commencer à industrialiser et commercialiser son produit amovible d’ici 2026, "à un prix compris entre 150 et 200 livres, [entre 175 et 230 euros, ndlr]", affirme le PDG. Une première étape importante mais la start-up souhaite aller plus loin et travaille à une manière d’intégrer la technologie directement dans la conception des véhicules. "C’est en cours de réflexion et de travail, nous avons déjà échangé avec des constructeurs automobiles sur le sujet. Nous espérons réussir à intégrer notre dispositif directement dans la construction des voitures pour 2030", affirme le PDG de The Tyre Collective.