Impossible de manquer l’entreprise en arrivant à Saint-Sauveur-des-Landes (Ille-et-Vilaine) ! Des tonnes de troncs d’arbres, des grumes, sont empilées sur plusieurs hectares autour de la scierie. Installée dans un petit hangar en bois au centre du site, la nouvelle chaufferie flambant neuve de l’entreprise Grouazel (33 salariés, CA 2024 : 6 M€) ronronne en consommant les écorces des grumes récupérées sur site. Le nouvel équipement, acquis en partie grâce au "Contrat Chaleur Renouvelable Bretagne" (CCRB), va permettre à la scierie d’utiliser les co-produits de son site industriel, sans coût supplémentaire. Le montant total du projet s’élève à 688 000 euros environ et a été subventionné à hauteur de 170 450 euros par le Fonds Chaleur. L’Ademe a délégué à la Région Bretagne l’attribution des subventions de ce programme visant à financer des projets de production de chaleur à partir d’énergies renouvelables pour un montant de 10,8 millions d’euros sur 3 ans. La Région entend ainsi privilégier les projets de "chaleur sans flamme" mais aussi l’utilisation des ressources locales. "Dans cette chaufferie, chaque kilowatt/heure est produit et consommé chez nous, résume Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne lors de la signature officielle du contrat entre la Région, l’État et l’Ademe. C’est essentiel dans un monde où la souveraineté énergétique est au cœur de l’actualité."
Des économies à grande échelle
L’ancienne chaudière datait de 1997. La nouvelle est équipée de filtres plus puissants pour réduire la dispersion des particules fines. Elle est utilisée principalement pour chauffer les 12 séchoirs faisant chacun 50 à 60 m3. "Pendant les travaux de la chaufferie, nous avons dû payer 20 000 euros de gaz par mois pour faire fonctionner seulement 4 séchoirs, explique Jean-Pierre Grouazel, dirigeant actuel de l’entreprise, à quelques mois de la retraite. Aujourd’hui, nous sommes autonomes en écorces et plaquettes pour alimenter la chaudière." L’ancien modèle n’était plus assez performant pour brûler les écorces. L’entreprise va ainsi pouvoir revendre les 1 000 tonnes de plaquettes par an qu’elle utilisait pour se chauffer.
Une reprise par une association
Avec 33 salariés et 6 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, la scierie Grouazel achemine et transforme des essences de feuillus (chêne, hêtre, robinier, châtaignier…) venus principalement des forêts du Grand Ouest. Elle est aujourd’hui prête à être cédée à l’association "Les ateliers du Douet", qui emploie des travailleurs porteurs de handicap notamment dans un atelier de menuiserie. Installée à Saint-Sauveur-des-Landes depuis 1992, l’entreprise de bois créée en 1910 se transmettait depuis 3 générations au sein de la famille Grouazel. "Une association qui reprend une entreprise, c’est unique, assure Alain Daniel, directeur général des ateliers du Douet. Cela relève d’un véritable projet social qui a été travaillé en amont avec la famille Grouazel." La future SAS, dont l’association sera le principal actionnaire, aura ainsi un outil de travail moderne qui va permettre aux ouvriers de travailler en mixité (travailleurs handicapés et valides).