Le chiffre d’affaires moyen des ETI a augmenté de 3,7 % en France en 2023. Une hausse en trompe-l’œil, car elle reste inférieure à celle de l’inflation qui a été de 4,9 % sur cette même année. C’est ce que révèle l’Observatoire ATH de l’information financière publié le 22 novembre, qui a mené une étude auprès de 3 950 ETI.
Les indicateurs témoignent d’une dégradation de la rentabilité des ETI en 2023, par rapport à l’année précédente, qu’il s’agisse de l’excédent brut d’exploitation (EBE) ou du résultat d’exploitation. Ces mauvaises performances de 2023 se matérialisent en 2024, selon l’Observatoire, avec l’envolée des défaillances d’entreprises chez les PME et ETI.
L’activité a dépassé le niveau pré-Covid, mais pas forcément la rentabilité
L’étude de l’Observatoire ATH permet de mettre en perspective la tendance actuelle sur une plus longue période, depuis 2019. Le chiffre d’affaires des ETI a progressé par rapport à la période pré Covid de 7 %, grâce à un fort rebond en 2021, bien au-dessus de l’inflation. L’information et la communication, l’industrie manufacturière et le commerce ont connu une augmentation de plus de 23 % de leur activité, tandis que celle de la construction a faiblement progressé.
Si l’activité a bien repris après la crise du Covid, les ETI n’ont pas pour autant renoué avec la rentabilité. Mis à part les industries extractives, beaucoup de secteurs présentent une rentabilité en très faible augmentation depuis 2022 (industries, transport, construction), voire en diminution (commerce, services). Les services et les transports ont même perdu en rentabilité par rapport à la période avant crise, en 2019.
Les ETI inquiètes de la hausse de la fiscalité
"Ne croyez pas que parce que vous ne touchez qu’aux gros cela ne touchera pas les petits, car les commandes des grands groupes vont baisser vers leurs sous-traitants plus petits", avertit France Industrie. Des préoccupations sur les hausses de fiscalité annoncées par le gouvernement, partagées par beaucoup d’entreprises.
Cet alourdissement de la fiscalité "va accentuer le risque de moindre compétitivité avec à la clé un ralentissement des investissements de capitaux et fonds étrangers et ainsi un risque accru de perte d’emplois et de fermeture d’entreprises et/ ou d’usines", estime de son côté l’Observatoire ATH. Quelques jours auparavant, le ministre du Budget Laurent Saint-Martin, s’était dit prêt à diminuer la hausse des cotisations patronales, pour ne pas accabler les entreprises.