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La raffinerie North Atlantic de Gravenchon hausse ses capacités de production
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La raffinerie North Atlantic de Gravenchon hausse ses capacités de production

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Face au conflit au Moyen-Orient, la raffinerie North Atlantic, basée à Gravenchon (Seine-Maritime) a haussé des capacités de traitement de pétrole brut de 10 %. En revanche, sa production de carburant d’avion durable (SAF) fait l’objet de peu de demandes des compagnies aériennes.

Le site de raffinerie de la compagnie North Atlantic, à Gravenchon, près du Havre (Seine-Maritime) — Photo : North Atlantic/Sipa/Thomas Boivin - Thomas Boivin

Reprise fin 2025 à ExxonMobil par le groupe canadien North Atlantic, la plateforme de Gravenchon (1 300 salariés) a une envergure stratégique pour la France, dans la mesure où sa production représente 20 % de la capacité de raffinage hexagonale. "La quantité d’énergie fournie par la plateforme de Gravenchon correspond à l’équivalent de dix réacteurs nucléaires", indique Jean-Philippe Petit, qui est depuis le 1er juin le directeur de la plateforme dans laquelle il avait démarré sa carrière en 1995.

Selon lui, le conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz n’ont affecté ni l’approvisionnement en pétrole brut (la France en important moins de 20 % depuis cette zone NDLR), ni, par conséquent, l’alimentation de la plateforme.

"Un litre de gasoil sur deux (le carburant automobile) est importé en France, ce qui montre l’importance de notre outil de raffinage"

Mais la France a aussi besoin d’importer du pétrole raffiné en complément de la production des raffineries françaises. "Ce conflit a eu, en revanche, un impact sur des produits critiques massivement importés par la France : un litre de gasoil sur deux (le carburant automobile) est importé en France, ce qui montre l’importance de notre outil de raffinage. Et le kérosène — carburant des avions — est également importé à plus de 60 % pour alimenter les aéroports de Roissy et Orly, les principaux consommateurs de kérosène en France", analyse-t-il.

Augmenter de 10 % le traitement de pétrole brut

Pour suppléer à ce déficit de pétrole raffiné venant du détroit d’Ormuz, des routes additionnelles d’approvisionnement depuis les États-Unis ou l’Afrique de l’Ouest ont été mises en place. "Nous avons procédé à une modification des opérations de notre usine, à deux niveaux : d’une part, en augmentant le rendement de kérosène et de gasoil. D’autre part, nous avons sollicité le gouvernement pour revoir à la hausse l’autorisation que nous avons de traiter un certain volume de pétrole brut", relate Jean-Philippe Petit.

Jean-Philippe Petit dirige désormais la plateforme de North Atlantic de Gravenchon — Photo : Christopher Talbot

Dans la mesure où la raffinerie de Gravenchon est un site réglementé, classé site Seveso seuil haut, elle a dû solliciter cette autorisation administrative pour relever sa capacité de traitement de pétrole brut de 10 %. "L’administration nous a accordé cette autorisation fin avril 2026, moyennant quelques points de suivi", résume Jean-Philippe Petit. Cette montée en charge pourrait représenter, en théorie jusqu’à 12 000 tonnes de carburéacteur par mois et jusqu’à 15 000 tonnes de gazole par mois, ces derniers correspondant à environ 400 000 pleins de carburants de véhicules.

Une demande encore faible pour le carburant d’aviation durable

Le carburant d’aviation durable (SAF) s’obtient selon deux modes de production : utiliser, à la place du pétrole but, des charges bio sourcées (huiles végétales ou issues de déchets, des graisses animales) que la raffinerie de Gravenchon est en capacité de traiter. "On peut produire des carburants d’aviation durables, mais dans de petites quantités, parce que les compagnies sont certes demandeuses, mais n’ont pas encore prescrit de mandat très important", précise le directeur de la plateforme.

L’autre mode de production vise des carburants de synthèse, les "e-SAF", désignant des modes de production recourant à l’hydrogène vert, mais qui n’ont pas encore vu le jour. "Nous ne faisons pas ce type de production. Ce sont des projets relativement coûteux, car les clients et le marché ne sont pas prêts à payer le surcoût de ces carburants par rapport aux carburants bio sourcés", conclut Jean-Philippe Petit.

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