L’entreprise lavalloise STTM a rejoint au 1er juillet 2025 le groupe Blackwood, fondé et piloté par Didier Monharoul. Le chef d’entreprise possédait déjà deux sociétés, dans le secteur de Châteaubriant (Loire-Atlantique). Il a repris Acimm en 2016, un atelier d’usinage installé à Soudan, puis Méca Atlantique en 2020, une entreprise de mécanique de précision basée à Noyal-sur-Brutz. Le groupe devrait désormais réaliser autour de neuf millions d’euros de chiffre d’affaires avec 70 collaborateurs répartis sur les trois sites.
Renforcer les fonctions support
Atteindre cette taille va permettre d’envisager le renforcement des fonctions support. "Nous allons pouvoir créer des postes sur des métiers dédiés aux RH, à la comptabilité, à l’informatique, à la qualité et à la RSE, qui est de plus en plus demandée par les clients", se projette Didier Monharoul. Le souhait du dirigeant n’est pas de regrouper ses postes sur un même site. "Ce sont les seuls métiers dans notre activité qui peuvent se faire à distance. La priorité sera donnée aux compétences."
Complémentarités des savoir-faire
Avec ce rachat, Didier Monharoul voit les synergies qui pourront être mises en place entre les trois sites. "STTM va nous permettre de nous positionner sur le nucléaire et le médical, et d’acquérir un savoir-faire dans l’usinage en fonderie, qui permet d’obtenir une finition plus homogène et de réduire un peu les coûts pour le client, et dans des finitions spécifiques comme le traitement de surface", précise le chef d’entreprise.
Avec Méca Atlantique, les carnets de commandes vont concerner l’aéronautique, le ferroviaire, la Défense, le naval, l’agroalimentaire ou encore l’outillage. En revanche, "nous ne travaillons plus du tout pour le secteur automobile, qui représentait 10 % de notre activité il y a dix ans", glisse le dirigeant. La PME castelbriantaise réalise des petites séries de tous formats, parfois des prototypes. Elle travaille aussi bien l’acier, l’inox, l’aluminium, le titane que les plastiques et polymères comme le peek.
Trois sites gérés comme des PME
Avec Acimm, la diversification des métiers va aussi permettre d’être plus séduisant ou rassurant dans le cadre d’appels d’offres. "Nous allons davantage pouvoir sous-traiter des pièces en interne. Cela permet aussi au client de n’avoir qu’un seul interlocuteur", commente Didier Monharoul. La plupart des clients sont de grands comptes.
La cession rapide d’une société attractive
L’acquisition de STMM a été réalisée en un temps court. Le cédant Alain Zelverte a mis sa société en vente en début d’année. Plusieurs candidats s’étaient manifestés. En quelques semaines, Didier Monharoul obtenait le soutien nécessaire des banques. L’opération a été mené par Otoktone, banque d’affaires, filiale de Banque Populaire Grand Ouest. "J’ai voulu être proactif pour continuer de faire grandir STTM. C’est une entreprise désirable, à la pointe de la RSE avec beaucoup de compétences dans l’équipe", se félicite l’ex dirigeant.
Après avoir cédé sa société, Alain Zelverte a démissionné de son poste de trésorier de l’UIMM Mayenne.
Lorsqu’il a repris STTM en 2018, l’entreprise de mécanique de précision réalisait 2,3 millions d’euros de chiffre d’affaires. Aujourd’hui, elle en fait un million de plus à effectif constant. Le dirigeant souhaitait "mener un beau projet avant sa retraite". Il a notamment repositionné STTM sur différents secteurs stratégiques et doter ses 27 salariés des meilleures conditions de travail, dans une usine neuve qui émet zéro émission de gaz à effet de serre.
"Nous avons atteint tous les objectifs en avance. En réfléchissant au projet 2030, l’an dernier, j’avais plusieurs pistes pour développer encore l’entreprise : de la croissance interne, la reprise d’une PME ou le rachat d’une entreprise complémentaire", raconte Alain Zelverte. Finalement, à 67 ans, et sans enfants à vouloir prendre la suite, le dirigeant s’est lui-même identifié comme éventuel frein à la pérennité de l’entreprise. "Il faut savoir se retirer avant de disparaître et risquer de mettre en difficulté l’entreprise et les salariés", conclut l’ex patron mayennais.