La PME de génie des procédés Activation (23 salariés ; 4,30 M€ € de CA), implantée dans le Rhône (R & D) et l’Isère (production) inaugure une nouvelle approche de la transformation en continu des matériaux solides. L’entreprise a ainsi annoncé le lancement de son projet Baulide, qui vise à reconfigurer les procédés chimiques autour d’une production plus propre, tracée et sécurisée, et intégrant le recyclage des polymères. Un investissement de 3,6 millions d’euros notamment financé par l’État et la région dans le cadre de France 2030 régionalisé. "Cette somme comprend uniquement les investissements en machines", explique Vivien Henryon, directeur général de la PME. L’entreprise a par ailleurs investi 3 millions d’euros supplémentaires en fonds propres pour l’achat de foncier et de bâtiments.
Une transformation des matériaux en continu
"L’intérêt du projet Baulide est d’être capable de travailler avec des solides, des poudres, des composés non liquides ou gazeux en les faisant entrer dans les unités en 24/24 et de récupérer la poudre transformée, en la cristallisant, la séchant et la mettant en forme, toujours en continu", avance le directeur général de la PME. "Nous avons voulu reproduire le principe d’une raffinerie, sauf que ce qui circulera dans les unités sera solide et non liquide", poursuit le dirigeant.
Le projet, qui repose sur la mise en place de briques technologiques, sera entièrement autonome 24 heures/24 et 7 jours/7, grâce au traitement des données par l’IA via des capteurs en ligne pilotés par machine learning. Des procédés technologiques innovants qui permettront d’éviter les chargements, déchargements, nettoyage, rechargement des machines.
Une partie du projet portera par ailleurs sur le recyclage des polymères. "Tous les composés polymères sont des solides que nous devrons aussi faire rentrer dans les unités de recyclage" poursuit le dirigeant. Ce qui permettra à la PME de traiter ses propres déchets sur place. "Nos déchets sont nos meilleures matières premières, ils sont à portée de main et nous pourrons en faire une utilisation à l’identique", explique le dirigeant.
Deux sites en AURA
Ce projet industriel comprend l’achat d’un nouveau site à Janneyrias (Isère), qui complétera et renforcera les installations du site de Meyrié (Isère) qui accueille aujourd’hui les démonstrateurs. La future plateforme iséroise comportera notamment une brique d’acide fluorhydrique, puisque 60 % des médicaments contiennent cette molécule. "Nous allons collaborer avec Syensqo qui a une grande expérience dans les acides fluorhydriques", explique le dirigeant. "Le projet a déjà démarré à Meyrié et nous espérons que nous pourrons mettre le site de Janneyrias en chimie début 2026. Nous serons en pleine production en 2030", ajoute Vivien Henryon.
Une multitude de secteurs visés
Baulide cible une multitude de secteurs : pharmacie (60 % des médicaments impliquent des composés solides), chimie minérale, matériaux, batteries, textile… "Sur la base d’un chiffre d’affaires de plus de 4 millions d’euros en rythme de croisière, et en estimant que 50 % environ des projets accompagnés sur Baulide passeront au stade industriel, on peut raisonnablement estimer que l’impact sur l’investissement industriel régional sera de l’ordre de 30 à 50 millions d’euros par an", explique encore Vivien Henryon. De nombreux clients ont déjà montré leur intérêt pour le projet, dont Seqens, Total, Imerys, ou encore Baikowski. "Nous allons rajouter 4 millions d’euros de chiffre d’affaires quand nous aurons installé cette nouvelle activité chimie des solides", poursuit le dirigeant qui espère avoir doublé son activité à échéance 2030. Cinq recrutements sont en cours pour mener à bien le projet et 10 emplois supplémentaires devraient être créés d’ici 2030 pour accompagner la montée en puissance de la plateforme.