Jack Lang
Conseiller juridique auprès du secrétaire général de l'ONU sur le sujet de la piraterie.
Le Safer Seas 2011 à Brest a abordé le problème que pose la piraterie aux armateurs. Que peuvent-ils faire?
Il ne faut naturellement pas faire justice soi-même. C'est par la volonté et le droit qu'on combattra le problème. L'idée est de renforcer l'arsenal législatif du territoire somalien pour juger les pirates, en l'accompagnant d'un effort parallèle sur le développement économique et ainsi donner d'autres alternatives aux jeunes somaliens. La piraterie est un vrai danger pour le commerce mondial. Le coût de la piraterie pour la communauté internationale est d'environ 12milliards de dollars. En face, le prix des mesures tourne autour de 2millions de dollars pour la partie judiciaire.
La piraterie pose aussi des problèmes à la pêche...
Il est vrai qu'il existe certaines zones où il devient impossible de pêcher. Les pirates justifiaient leurs attaques par les abus de pêche illégale et de rejets de déchets. Mais il existe aujourd'hui des pays, comme les Seychelles, qui font beaucoup d'effort pour protéger l'activité dans leur zone. Il faut les encourager et les soutenir.
Les armateurs ont de plus en plus recours à des services de sécurité. Qu'en pensez-vous?
Je parle là à titre personnel. Ce n'est pas anormal, selon moi, d'avoir à bord des forces de sécurité publiques ou non publiques. Mais à condition que ces forces ne soient pas offensives mais défensives en cas de légitime défense et de prévention pour faire reculer et décourager les pirates. De ce point de vue, je pense que ce sont de bonnes mesures. En plus des recommandations en terme de vitesse, choix d'itinéraire de l'organisation maritime internationale. Et les nouvelles technologies de radar permettront aussi de prévenir les mouvements suspects.
- TROIS QUESTIONS À