Vincent Rouiller et Mickaël Hamon ont racheté fin mars Breizh Cooking, conserverie et fabricant de tartinables qui compte deux marques : La Paimpolaise et L’Atelier du cuisinier. L’entreprise, qui a réalisé 1,8 million d’euros de chiffre d’affaires en 2024, a perdu son créateur et dirigeant, Yann Trébaol, décédé de maladie en octobre 2024.
Dans la même opération de rachat, Vincent Rouiller a apporté au sein de Breizh Cooking sa société de fumaison, Seafood, connue sous la marque de Fumoir de Paimpol, qu’il avait acquise en avril 2024. Cette TPE, qui a réalisé 700 000 euros de chiffre d’affaires en 2024, fait désormais partie d’un ensemble qui compte 11 salariés. Le pool bancaire qui a accompagné les repreneurs comprend la Banque Populaire Grand Ouest, Crédit Mutuel Bretagne et la BPI.
Les trois marques vont perdurer
"Les trois marques vont perdurer", annonce Vincent Rouiller. Les activités des deux entreprises sont différentes mais complémentaires. La Paimpolaise et L’Atelier du cuisinier, qui partagent le même positionnement haut de gamme et travaillent le même type de produits (conserves et tartinables sur le marché de l’épicerie fine), se retrouvent dans 700 épiceries fines en France et même à l’étranger. L’international représente 10 % du chiffre d’affaires, via des importateurs, et la vente en ligne — "qui ne constitue pas une priorité" — 5 %. "Nous sommes attachés au réseau de distribution des magasins de proximité", explique Mickaël Hamon.
De son côté, le Fumoir de Paimpol, assure la fumaison d’une petite dizaine d’espèces de poissons, principalement des saumons, truites, maquereaux et haddocks. Ces produits sont distribués plus localement, à 80 % aux restaurateurs, en direct ou par l’intermédiaire de grossistes, et à 20 % dans la GMS locale.
Une reprise en douceur
Les circonstances de la reprise de Breizh Cooking imposent naturellement aux deux hommes de la retenue et de la patience. "Vis-à-vis des enfants de Yann Trébaol, et des équipes, qui ont tenu la boutique pendant la maladie et après le décès du dirigeant, nous y allons en douceur", confie Vincent Rouiller. Les deux dirigeants doivent assimiler 20 années d’entreprise (Breizh Cooking a été créée en 2003) et n’ont pas, pour l’heure, l’intention de "révolutionner l’existant".
Travailler pour des marques distributeurs et à façon
Les deux Costarmoricains ont cependant l’objectif "d’aller chercher du développement". L’outil de production de Breizh Cooking, qui ne tourne qu’à 30 % de ses capacités, le permet. La croissance pourrait passer par la production de produits en marque de distributeur, une activité aujourd’hui anecdotique au sein de la société, et réalisée à façon.
Le développement passera également par la réalisation de nouvelles recettes, qui pourraient s’appuyer sur le savoir-faire des deux entreprises. Notamment dans le domaine des tartinables, qui compte 80 recettes et représente les best-sellers de Breizh Cooking. Pour le Fumoir de Paimpol, la marge de progression réside dans l’acquisition de nouveaux clients.
Deux repreneurs connaisseurs
Les deux entrepreneurs, qui se connaissaient avant le rachat, n’étaient pas étrangers au monde de l’entreprise. Mickaël Hamon, âgé de 56 ans, a développé plusieurs entreprises dans la chaufferie, dont Tibbloc (40 M€ de CA, 120 salariés), que lui et ses associés ont revendu en 2020. De son côté, Vincent Rouiller, 47 ans, a fait carrière dans l’assurance (avant de racheter Le fumoir de Paimpol), passant notamment 17 ans comme agent général Axa à Plérin (Côtes-d’Armor).