Ille-et-Vilaine
La Mère Poulard régalera bientôt plus de restaurants en Asie
Ille-et-Vilaine # Agroalimentaire

La Mère Poulard régalera bientôt plus de restaurants en Asie

La Mère Poulard, c'est une omelette de légende, vendue au Mont-Saint-Michel, mais aussi des biscuits secs au beurre, qui font le tour du monde. L'usine qui les fabrique, à Saint-Étienne-en-Coglès, en produit 2,7 millions par jour. Elle aura bientôt besoin de s'agrandir.

La Mère Poulard fêtera l'année prochaine ses 130 ans. Et autant d'années après la création de ses biscuits pour régaler les pèlerins qui venaient au Mont-Saint-Michel, ils ont, paraît-il, toujours le même goût ! Leur recette est précieusement gardée par la Maison, comme près de 700 autres de l'aubergiste montoise. Un trésor que s'attache à faire fructifier le propriétaire du groupe, Éric Vannier. L'ancien maire du Mont-Saint-Michel gère en effet trois entités : la Biscuiterie (usine agroalimentaire à Saint-Étienne-en-Coglès), La Mère Poulard International (franchises de restaurants), et les activités du Mont-Saint-Michel.

Biscuits vendus dans 70 pays

Il détient donc notamment la moitié des 60 points de ventes, hôtels, cafés, musées ou restaurants du Mont-Saint-Michel... y vendant ses petits plats et ses biscuits ! Mais les biscuits ne sont pas vendus qu'au Mont. Ils sont distribués dans 70 pays. Fabriqués à quelques kilomètres, en terre bretillienne à Saint-Étienne-en-Coglès, ils intéressent notamment beaucoup les pays asiatiques. Ils associent La Mère Poulard au Mont-Saint-Michel, et inversement. Résultat : la marque se vend bien, réalisant la moitié de son chiffre d'affaires export grâce à l'Asie (CA gardé secret lui aussi...). « Nous réalisons 25 à 30 % de nos ventes à l'étranger », souligne Sébastien Pautrel, directeur général adjoint de La Biscuiterie La Mère Poulard, confiant enregistrer même, chaque année, une croissance à deux chiffres. Les plus friands de ses gâteaux sont les Chinois, les Japonais, les Vietnamiens, les Philippins. « Nous disposons de quatre importateurs en Chine », souligne Sébastien Pautrel, qui a aussi une force de vente présente aux États-Unis, l'un des objectifs de développement de la marque.

Des restaurants franchisés... uniquement hors de France

En attendant de grandir au pays de l'Oncle Sam, La Mère Poulard s'attable déjà en Asie. Le groupe a commencé à y ouvrir des restaurants, pour faire ses premiers pas à l'international depuis 2010, en franchise. « En France, pas question d'ouvrir des restaurants ailleurs qu'au Mont-Saint-Michel », précise le DG adjoint. On trouve par contre six magasins vendant ses biscuits (Rennes, Saint-Malo, Paris, Dinan...). La Mère Poulard International a ainsi permis l'ouverture de trois restaurants au Japon, un en Corée, et trois autres sont en projet sur Shanghai, Singapour et les Philippines. Avant 2018, le groupe ambitionne de développer ces licences internationales « au Japon, à Taïwan, en Corée, en Chine, à Singapour, en Malaisie, en Thaïlande, aux Philippines, en Indonésie, dans les Émirats arabes unis, au Qatar, à Oman, au Koweït, au Luxembourg, en Belgique, en Suisse, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Australie, en Afrique du sud, en Russie, aux États-Unis, au Canada et au Mexique », liste le site internet personnel d'Éric Vannier.

Des investissements

Une ambition qui paraît réalisable si l'on en croit l'engouement de ces pays pour les produits français. Une délégation de trente Chinois travaillant pour des chaînes de téléachat dans leur pays est en effet venue visiter le mois dernier l'usine des biscuits La Mère Poulard. Pour faire face à la croissance de son activité, rester compétitif et en respect avec les normes, elle a investi dans un nouveau silo pour la farine (montant là encore gardé secret). Moderne, il distribue automatiquement les matières premières vers les deux lignes de production (l'une dédiée aux biscuits sablés et galettes au beurre, l'autre aux biscuits moulés). De ces deux lignes sortent respectivement deux millions et 750.000 biscuits par jour. Cela représente 25 tonnes par jour, soit 5.000 à 6.000 tonnes par an. Après s'être agrandie en 2011, l'usine (60 salariés) dispose d'encore un peu de foncier. Selon nos informations, elle devrait être agrandie dans les années qui viennent, afin notamment de moderniser et d'automatiser sa ligne de conditionnement des sablés, galettes et palets.

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