Après sa création en 2018 à La Buisse (Isère) près de Grenoble et une première phase d’activité centrée sur la R & D, la marque de trottinettes électriques Mobygum (11 salariés, CA 2024 non communiqué) a déménagé en Occitanie en deux temps. D’abord à Lunel (Hérault), où elle a lancé la commercialisation en 2019. Puis à Vauvert (Gard), où elle a démarré la construction d’un nouveau site de 2 970 m2 en 2024, qu’elle vient de réceptionner. L’investissement se monte à 3 millions d’euros.
Un canal direct jusqu’au client
Mobygum ne produit pas elle-même ses machines : elle conçoit ses trottinettes et sous-traite la fabrication en Chine, tout en assurant directement l’ensemble du SAV et l’approvisionnement des pièces auprès de ses distributeurs. Ainsi, le nouveau site de Vauvert dispose d’un entrepôt de 2 400 m2 destiné au stockage de plus de 2 400 palettes.
"Nous sommes en contact permanent avec nos fournisseurs de pièces asiatiques et notre partenaire assembleur. Ce canal direct de l’usine au consommateur nous permet d’avoir des prix de 30 à 40 % moins chers que nos concurrents car nous n’avons pas de charges locatives", analyse Gaétan Dernier, président de Mobygum, qui propose des modèles allant de 250 à 2 600 euros.
"Nous allons lancer notre premier modèle tout-terrain, car la demande de mobilité électrique dans le off-road est forte"
Ce dernier ajoute que l’entreprise a déjà lancé la construction d’un entrepôt équivalent, livrable fin 2026, et fortement équipé pour tenir compte de la réglementation "en évolution constante sur le stockage des batteries au lithium". Son coût : 2,4 millions d’euros supplémentaires.
Un effort stratégique sur la fiabilité
Plus globalement, le transfert dans le Gard permet à Mobygum de regrouper sa logistique et son atelier "afin de fiabiliser chaque modèle au maximum", selon le dirigeant. L’entrepôt, qui affiche 600 références de pièces détachées, permet de répondre à toute demande de réparation émanant d’un revendeur en 24 heures. Le centre de réparation, quant à lui, permet à Mobygum de réparer les batteries pour tous ses produits. Selon Gaétan Dernier, la réactivité de la marque devient en soi un facteur de croissance commerciale.
"Nous sommes la première marque à bas coûts à proposer la totalité des pièces détachées. Les acheteurs de trottinettes, qui se trouvaient en rade à la moindre panne par le passé, n’ont plus ce souci avec Mobygum. Depuis notre création, nous avons divisé par 20 le volume de demandes en SAV car les produits sont fiabilisés", argumente-t-il.
Un catalogue qui s’étoffe
L’investissement en cours permettra aussi à Mobygum d’étendre son catalogue : ouvert avec 3 produits vendus en ligne à l’origine, il devrait afficher 11 modèles à terme. "Nous allons lancer notre premier modèle tout-terrain, car la demande de mobilité électrique dans le off-road est forte", glisse le dirigeant. Avec cette largeur de gamme, l’entreprise compte doubler ses ventes en deux ans.
En France, la marque s’appuie sur un réseau de 20 revendeurs, qui se spécialisent de plus en plus sur Mobygum "en raison de la force du SAV", insiste Gaétan Dernier. Elle prévoit aussi d’ouvrir ses premiers marchés à l’export, en Espagne et en Belgique où des contacts sont pris avec des revendeurs locaux. La part de l’international devrait s’élever à 20 % à terme. Et d’autres relais de croissance sont en préparation, avec des machines d’un nouveau type sur lesquelles Mobygum, pour l’heure, reste discrète.