Jean-Louis Schilansky,
Président de l'Union française des industries pétrolières
Comment analysez-vous la situation actuelle de l'industrie pétrolière autour du port de Marseille? Nous étions, rappelons-le, partisans d'une privatisation de l'activité des terminaux pétroliers. Ce n'est pas une solution miracle, mais nous pensons que ce n'est qu'en privatisant que nous parviendrons
à trouver un équilibre entre les moteurs économiques et les revendications sociales. Nous étions prêts à rentrer dans un port privatisé, mais c'est l'idée de création d'une filiale à majorité publique qui a été retenue. Il y a eu des débats importants, mais nous n'avons pas été entendus. Dans cette situation, il n'y a donc pas de position commune des opérateurs pétroliers implantés dans le territoire. Chacun est en train de se positionner et les discussions sont toujours en cours. Le port a reçu des propositions début février et nous saurons d'ici fin mars qui va entrer et qui ne va pas entrer dans cette filiale. Pour nous, c'est à la fois une déception, mais aussi un progrès, donc nous pouvons comprendre que certains opérateurs choisissent de se positionner. Même si nous savons que l'amélioration des choses nécessitera un très long chemin.
Dans quelle mesure?
La situation du port de Marseille n'est franchement pas tenable. Je le dis tout net: il faut que le port fonctionne. Aujourd'hui, nous n'avons plus d'alternative: le manque de fiabilité sociale du port entraîne une vulnérabilité de tout cet appareil de production qui est non seulement préoccupante, mais qui est aussi assez grave.
- DEUX QUESTIONS À