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La Fintech nancéienne PretUp prend son indépendance pour accélérer sa croissance
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La Fintech nancéienne PretUp prend son indépendance pour accélérer sa croissance

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Après avoir grandi au sein du groupe Empruntis-Partners Finances, la plateforme d’investissement participatif nancéienne PretUp devient indépendante. Fort de l’agrément européen et de 100 millions d’euros financés, son dirigeant, Fabien Michel, veut désormais développer le crédit inter-entreprise et cibler une nouvelle génération d’investisseurs.

Le dirigeant de PretUp, Fabien Michel, estime pouvoir atteindre entre "13 et 15 millions d’euros de production" sur la plateforme d’ici 2 à 3 ans — Photo : Jean-François Michel

C’est une nouvelle page qui s’ouvre pour la fintech nancéienne PretUp. Née en 2015, la plateforme d’investissement participatif vient de finaliser sa sortie du groupe de courtage Empruntis-Partners Finances, détenu par le fonds d’investissement Bridgepoint. L’opération s’est concrétisée par une reprise du capital par le dirigeant, Fabien Michel, appuyé par un acteur régional du capital développement privé qui préfère rester dans l’ombre.

Vers un doublement de la production

Employant huit personnes, pour un total de 750 000 € de chiffre d’affaires, PretUp a produit un total de 9 millions d’euros de crédits aux entreprises sur le dernier exercice. "Nous avons la capacité de doubler la production, et d’atteindre entre 13 et 15 millions d’euros sous deux à trois ans", fixe Fabien Michel. L’ambition s’appuie sur les résultats actuels : "En ce moment, nous faisons presque 1,5 million de financement par mois", dévoile le dirigeant de PretUp. "Le marché du crédit aux entreprises, c’est plusieurs milliards d’euros par an. Et aujourd’hui, nous sommes structurés pour pouvoir faire beaucoup plus".

Pas dans la stratégie du fonds

La séparation avec le fonds Bridgepoint s’est faite "en bonne intelligence", selon Fabien Michel. La raison est stratégique : le fonds propriétaire d’Empruntis souhaite bâtir un gros courtier en France sur le modèle anglo-saxon. Or, l’activité de crowdlending portée par PretUp, des financements participatifs des entreprises sous forme de dette privée, atypique dans cet ensemble, ne constituait pas une "activité cible" : "On ne s’inscrivait pas dans la stratégie du fonds", résume Fabien Michel.

L’indépendance pour retrouver de l’agilité

Ce retour à l’indépendance doit permettre à la plateforme de retrouver des marges de manœuvre. "L’indépendance va nous permettre d’être plus souple pour continuer à rester dans notre trajectoire", assure le dirigeant. La PME, qui s’apprête à déménager fin janvier dans le bâtiment Orb’Or à Nancy, entend s’affirmer comme "l’acteur de référence du financement participatif de dette privée".

120 000 €

PretUp dispose de fondamentaux solides. En une décennie, la plateforme a collecté un total de "100 millions d’euros de financement" pour soutenir 680 entreprises. Et s’appuie aujourd’hui une communauté de "44 000 investisseurs", dont près de la moitié est actif. Le ticket moyen des prêts s’établit à 120 000 euros pour répondre à des besoins de trésorerie, de financement de stocks, d’achat de logiciels ou de recrutements, là où les banques peinent parfois à suivre sur du court terme sans garantie. "Notre cœur de cible, ce sont des entreprises qui vont faire un chiffre d’affaires entre 1 à 10 millions d’euros", détaille Fabien Michel.

Le cap de la régulation européenne franchi

Ces dernières années n’ont pourtant pas été un long fleuve tranquille. PretUp a dû absorber la plateforme Unilend et se conformer à la nouvelle réglementation européenne, pour devenir un "prestataire de services de financement participatif". Un chantier colossal de deux ans, qui a imposé de "repartir de zéro" sur le plan juridique : "C’est un tel niveau d’investissement qu’il n’y a plus de nouveaux acteurs sur le marché", note Fabien Michel. Agréée par l’AMF, la plateforme a fusionné ses marques, PretUp et Unilend, pour n’en garder qu’une seule commerciale : PretUp.

Cibler les jeunes et les trésoreries d’entreprises

Pour l’avenir, Fabien Michel veut "rajeunir la base client". Si le cœur de cible reste les 40-55 ans, disposant de moyens financiers, la fintech lorgne du côté de la jeune génération, moins averse au risque et habituée aux cryptomonnaies. L’objectif est de leur proposer un "placement concret" avec des rendements attractifs situés "entre 8 et 10 %", bien que le risque de perte en capital demeure.

L’autre levier de croissance réside dans le B to B. PretUp souhaite développer le crédit inter-entreprises, un marché encore méconnu où des sociétés disposant d’excédents de trésorerie peuvent prêter à d’autres à travers un prestataire agréé. "C’est un axe de développement", confirme le dirigeant, qui ambitionne de connecter les acteurs économiques locaux.

L’IA pour ne pas exploser les coûts fixes

Enfin, la plateforme mise sur la technologie pour grandir sans exploser ses coûts fixes. Grâce à son "usine à crédit" internalisée et à l’usage croissant de l’intelligence artificielle, l’équipe restera compacte. "On peut faire plus avec le même nombre de collaborateurs", estime Fabien Michel. Recevant près de 1 500 dossiers par an, les quatre analystes de PretUp parviennent à tenir des délais d’instruction réduits, n’excédant pas les deux semaines. "Nous n’atteindrons jamais les délais observés sur les prêts à la consommation, soit presque 24 heures", concède Fabien Michel. "Mais le chef d’entreprise réfléchit parfois comme un particulier, et préfère payer plus cher pour avoir tout de suite une réponse."

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