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Avec un nouveau tour de table, Abby consolide ses positions avant la généralisation de la facture électronique
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Avec un nouveau tour de table, Abby consolide ses positions avant la généralisation de la facture électronique

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La start-up nancéienne Abby veut convaincre les indépendants d’utiliser son application développée pour faciliter les tâches administratives et comptables : ils sont déjà plus de 100 000 à l’avoir adoptée. Un chiffre qui devrait tripler dans les 18 mois grâce à une levée de fonds de 3 millions d’euros.

Les quatre fondateurs d’Abby, Nicolas Lespinasse, Benjamin Gardien, Corentin Allemand et Jérémy Dieuze, viennent de convaincre les investisseurs d’apporter 3 millions d’euros au développement de leur start-up — Photo : Abby

Pour Nicolas Lespinasse, le PDG d’Abby, "les investisseurs ont renouvelé leur confiance". Deux ans et demi après avoir bouclé un tour de table en amorçage pour 1,2 million d’euros, l’équipe de la start-up nancéienne vient de rassembler 3 millions d’euros. Préférant rester discret à la fois sur la valorisation de son entreprise et sur la place réservée aux investisseurs au sein du capital d’Abby, Nicolas Lespinasse indique cependant que les quatre fondateurs, soit Nicolas Lespinasse, Benjamin Gardien, Corentin Allemand et Jérémy Dieuze, qui développent depuis 2020 une solution en ligne permettant aux indépendants de gérer les tâches administratives liées à leur activité, restent "maîtres à bord".

Tomcat Ventures, OneGreen et Kima Ventures au tour de table

Concrètement, la levée de fonds est menée par les fonds Tomcat Ventures et OneGreen, Kima Ventures venant en complément. "Tomcat Ventures, nous apporte énormément grâce à leur accompagnement, quant à OneGreen, c’est une société d’investissement dirigée par Vanessa Proust, qui était déjà investisseur chez nous et a franchi un cap à l’occasion de cette nouvelle opération", décrit Nicolas Lespinasse. Le réseau de business angels Yeast, qui menait la dernière levée de fonds, reste au capital.

Multiplier le nombre d’utilisateurs par trois

Discret sur le chiffre d’affaires de sa start-up, le dirigeant consent à lever un coin du voile sur la croissance de l’activité. En un peu plus de deux ans, le nombre d’utilisateurs des services d’Abby est passé de 40 000 à 100 000. "Nous sommes même au-delà aujourd’hui", précise le PDG d’Abby. En dévoilant au passage les objectifs : "Multiplier le nombre d’utilisateurs par trois dans les 18 voire 24 mois". Si le dernier exercice bouclé par Abby était encore légèrement déficitaire, le premier semestre 2025 était "quasiment rentable", assure Nicolas Lespinasse.

Des revenus en forte croissance

Une trajectoire qui permet à la start-up d’envisager de multiplier ses revenus par trois sur les 24 prochains mois. "Sachant que nous investissons massivement dans notre produit, dans l’acquisition de clients, dans notre développement. Si nous avions une stratégie un tout petit peu moins agressive, nous serions tout de suite rentables, avec la capacité d’autofinancer tous nos projets", souligne Nicolas Lespinasse.

Vers une quarantaine de salariés dans les 18 mois

La croissance de l’activité va de pair avec la croissance de l’effectif : employant aujourd’hui une vingtaine de salariés, les dirigeants d’Abby veulent doubler le nombre de salariés dans les 18 mois à venir. "Nous recrutons des développeurs, des personnes chargées de la relation client. Mais nous recrutons aussi du monde pour développer, consolider la communauté en ligne des utilisateurs de nos solutions. Cela implique notamment de créer du contenu, ce qui est très chronophage", souligne le PDG d’Abby.

Un bouleversement sur le marché : la facture électronique

Avec le soutien de leurs investisseurs, les quatre fondateurs d’Abby, ont donc décidé d’appuyer à fond sur l’accélérateur, motivés par un changement majeur sur leur marché : l’arrivée de la facture électronique. Après le coup d’envoi en septembre 2026, "à partir de septembre 2027, c’est le top départ pour absolument tout le monde", retient Nicolas Lespinasse. Décrivant cette échéance commune une "priorité" pour son entreprise, le dirigeant rappelle que "les études montrent que la moitié des entrepreneurs en France, quelle que soit leur taille d’entreprise, ne sont pas du tout équipés pour y faire face". "Notre objectif, c’est évidemment d’en accompagner un maximum", ajoute-t-il.

Une réforme qui doit être "indolore pour les utilisateurs"

Ciblant spécifiquement, depuis la création de la start-up, les 4,6 millions de travailleurs indépendants recensés par l’Urssaf, les équipes d’Abby se voient comme des "facilitateurs", avec la facture électronique aujourd’hui comme avec les démarches administratives au lancement de la start-up. "Notre métier, c’est de faciliter l’adoption de cette nouvelle réforme et de faire en sorte que ce soit indolore pour nos utilisateurs", précise Nicolas Lespinasse.

Dans la liste des plateformes reconnues par l’État

Inclus dans le plan gratuit de l’application d’Abby, le module permettant de gérer la facturation électronique doit donc jouer le rôle d’un cheval de Troie. La loi contraignant tous les travailleurs indépendants n’ayant aucun moyen de gestion à s’équiper, a minima pour pouvoir émettre des factures, devrait en effet favoriser l’offre de la start-up. Faisant partie de la liste des 80 sociétés reconnues comme plateformes de dématérialisation partenaires, ou PDP, par les services de l’État, Abby se dit "fin prête" pour l’arrivée de la facture électronique. "Aujourd’hui, plusieurs milliers de personnes ont déjà signé notre mandat, pour nous désigner comme leur plateforme agréée, donc leur futur outil de gestion de la facturation électronique", se félicite Nicolas Lespinasse.

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