"C’est neuf à dix fois plus cher de réparer un pont endommagé que de l’entretenir". Jérôme Rouet, président de la Fédération des travaux publics des Pays de la Loire, vient d’être reconduit à la tête de l’association pour trois ans. À quelques mois des élections municipales, et à l’heure où le bien fondé de chaque ligne de budget est questionné, ce dernier souhaite alerter les élus locaux sur la nécessité d’entretenir les routes, les ponts, ou encore les canalisations d’eau et les voies ferrées.
"Notre message ne porte pas sur la construction de nouvelles infrastructures, mais bien sûr l’entretien et la maintenance de celles déjà existantes", pointe le président de la fédération.
Réussir à cibler les urgences
Il faut dire que la part de la commande publique est prédominante pour le secteur. "Nous fonctionnons dans la région avec environ 70 % de commandes publiques, dont environ 30 % provenant des municipalités. C’est donc un échelon primordial pour nous", témoigne Jérôme Rouet.
"Dans quelques années, cela représentera un énorme problème assurantiel"
Néanmoins, repousser dans le temps certains travaux peut être tentant pour de futurs élus afin de limiter les dépenses. "Pour réussir à faire plus avec moins, il faut surtout poser le bon diagnostic, pouvoir cibler les urgences et les priorités, et ce travail va dépendre de chaque commune et doit se faire au cas par cas", ajoute Jérôme Rouet.
D’ailleurs, la fédération se propose d’accompagner certaines communes vers des solutions les plus adaptées et économiques pour chaque cas. "Il y a une idée qu’en Pays de la Loire, nous serions mieux lotis, mais c’est faux", pointe le président. Par exemple, 86 % du réseau routier est soumis à un risque par le retrait et le gonflement des argiles, contre 72 % au niveau national. "Dans quelques années, cela représentera un énorme problème assurantiel", craint Jérôme Rouet.