Après un burn-out, Marine Rivière a voulu se reconnecter à la terre et s’est mise à cultiver du poivre ici dans le Cotentin. "J’en ai rêvé et j’ai voulu que ce rêve devienne réalité", explique Marine Rivière, ancienne cadre dans le nucléaire, qui a créé une plantation de poivre, baptisée "Plantation Petite Rivière" fin 2022.
Une culture inédite dans la Manche
Trois cents pieds de poivriers ont été plantés sur les 4 hectares de l’exploitation, basée à Saint-Maurice-en-Cotentin : du Sichuan originaire de Chine, du Sansho provenant du Japon et du poivre de Tasmanie. Des variétés adaptées au climat océanique de la région. Une première sur le territoire.
"La cueillette annuelle ne se fait pas à la même période. Pour le Sichuan, c’est en octobre et les baies du Japon et de Tasmanie, c’est en été", précise l’agricultrice qui travaille seule. L’agricultrice a bénéficié d’une subvention régionale de 5 000 euros au titre du dispositif "Impulsion Installation".
Valoriser la production dans des collaborations locales
Le poivre récolté est transformé directement sur l’exploitation (dénoyautage des baies et séchage). Pour la commercialisation, Marine Rivière a ouvert une boutique sur son exploitation pour de la vente directe et elle multiplie aussi les salons et les évènements. Elle initie aussi des collaborations avec des partenaires de la Manche. "Nous avons créé une tablette de chocolat qui marie le chocolat et le poivre de Normandie avec le chef du restaurant Marnage à Carteret", explique-t-elle. Elle s’est aussi associée avec la Brasserie Cotentine à Barneville pour créer une bière normande au poivre ou encore avec l’Hôtel La Marine à Carteret pour la création d’un cocktail au poivre de Normandie.
Des recettes innovantes
Marine Rivière diversifie aussi les productions réalisées sur l’exploitation comme des agrumes, des piments et des plantes aromatiques afin de proposer une gamme élargie de produits à base de poivre. Elle songe à produire du raifort, en attendant elle innove avec des produits transformés comme le sucre au poivre, le poivre à l’huître de Normandie, ou encore différentes sortes de sels aromatisés. À ce jour, l’agricultrice produit plus de trente kilos de chaque espèce de poivre. Un début prometteur pour ces arbustes encore petits qui seront matures d’ici une dizaine d’années.