Riche et variée, la filière santé de la Côte d’Azur est une pépite ignorée. Et qui s’ignore. Elle représente pourtant un pôle majeur de l’économie azuréenne, totalisant quelque 120 entreprises dont Galderma, Arkopharma, Virbac pour ne citer qu’elles, une dizaine de laboratoires académiques renommés, 5 082 emplois pour un chiffre d’affaires de 1,4 milliard d’euros. Soit, « un tiers de l’activité des TIC avec cinq fois moins de personnel et quinze fois moins d’entreprises », indique Frédéric Fourquin, élu référent du pôle santé à la CCINice Côte d’Azur. Qui, après avoir structuré la filière smart grids ou de l’audiovisuel, s’attache désormais à braquer les projecteurs sur ce fleuron en mal de lisibilité et de visibilité.
Développer les synergies
La méthode, éprouvée, reste la même : réalisation d’une cartographie, organisation de soirées de networking, mise en place d’ateliers thématiques, participation groupée à des salons sous pavillon Côte d’Azur ou encore création d’une e-communauté Ecobiz. Le tout pour mettre en réseaux des acteurs qui se connaissent peu et donc favoriser les interactions, synergies et opportunités de business.
Du bon usage des talents sophipolitains
L’initiative a été lancée le 9 février devant un parterre de 140 professionnels du secteur, dont une dizaine de "témoins" venus présenter leur activité et soumettre leurs idées. Comme celle de Cédric Briand, dirigeant d’Oticon Medical (ex-Neurelec) spécialisée dans la fabrication d’implants cochléaires pour malentendants profonds à sévères, qui invite les talents sophipolitains de l’électronique embarquée à se pencher sur les métiers de la santé. « La neurostimulation explose avec des applications qui s’ouvrent, notamment dans le domaine de la vision ».
Pour un pôle santé animale
De son côté, Vincent Beuvry, président de la très discrète Orkéo qui développe des médicaments vétérinaires pour des laboratoires tiers, plaide pour la création d’un pôle santé animale national sur la Côte d’Azur où, rappelons-le, le nº5 mondial tient demeure. « C’est un des points forts de la France. Quatre des dix plus importantes sociétés du secteur sont françaises mais les industriels travaillent encore de façon divisée ». De quoi rendre le territoire plus attractif, d’autant que lui aussi se structure.
Un Delvalle 2 en gestation
Un centre Delvalle 2 est en préparation sur Nice Est, quartier général de la santé connectée de la Métropole NCA. « L’idée est d’y mélanger les startuppers avec les internes, car qui mieux que les médecins de demain pour expliquer la médecine de demain », souligne le directeur adjoint en charge de la santé et du handicap à la ville de Nice. Qui s’autorise même à rêver d’une candidature de la Métropole NCA comme terre d’accueil de l’Agence européenne du médicament qui devra bien un jour quitter Londres. Brexit oblige.
Incubateur pour biotech
En attendant, c’est du côté de Sophia que cela se passe, avec le projet Sables porté par les laboratoires académiques IPMC et Sophia Agrobiotech consistant à la création, sur deux bâtiments, d’un incubateur de biotechs où les jeunes pousses bénéficieront des infrastructures innovantes des deux instituts. Le budget - 12,6 millions d’euros - est d’ores et déjà inscrit dans le contrat de plan Etat-région.