Rédigée en partenariat avec le cabinet En Territoire, l’étude prospective de la CCI du Gard a sollicité 120 entreprises, acteurs économiques, académiques et institutionnels pour anticiper les grands enjeux de 2030. Le document, qui déroule 30 mesures, est présenté comme "un cadre de réflexion" visant à éclairer les politiques publiques et les choix d’investissement. "Pour maîtriser notre destin, il nous faut anticiper les mutations sur des sujets tels que la transition écologique, l’intelligence artificielle, les nouveaux modes consommation, etc. Il faut faire entendre la voix du monde économique, car les entrepreneurs, qui investissent, innovent et forment au quotidien, ont des choses à dire", résume Éric Giraudier, président de la CCI du Gard, qui accompagne plus de 50 000 entreprises.
Consolider les moteurs économiques
Dans le cadre de l’étude, une priorité est fixée autour de l’accompagnement des filières clés, telles que le tourisme. Alors que la construction de H2, un centre des congrès dédié au tourisme d’affaires, se poursuit à Nîmes, la CCI du Gard voit dans la montée en gamme une urgence. "Les trois quarts de nos 380 000 lits sont des lits de résidences secondaires ou liés à Airbnb. Il y a trop de lits non professionnels, ce qui posera problème pour attirer le tourisme d’affaires", pointe le référent tourisme, Christophe Conquy, propriétaire du Mas des Oules près d’Uzès.
De même, si la saison 2025 a généré 23 millions de nuitées, la CCI du Gard observe que 40 % d’entre elles se concentrent sur la période juin/août. Pour réduire cette dépendance estivale, Christophe Conquy plaide pour la multiplication d’appels à projets événementiels, afin de créer "des opérations de grande renommée hors saison" liées aux thématiques du territoire, telles que le nautisme, la pêche ou les ressources maritimes.
Repenser le foncier d’activité
Un deuxième axe prioritaire a été identifié autour de l’attractivité du territoire, que la CCI du Gard veut renforcer. Le département affiche trois grands bassins économiques (Nîmes, Alès, Bagnols-sur-Cèze) où le foncier disponible s’amenuise. S’il reste encore des zones à aménager (18 ha près de la base ferroviaire Oc’Via, la ZAC Magna Narta autour de la gare TGV de Manduel, etc.), "ce seront les dernières", avertit François Gauthereau, président de la commission transition énergétique et responsable immobilier chez Lidl. Il propose d’apprendre à travailler avec le bâti existant. "Il existe de nombreuses friches industrielles et commerciales à requalifier, comme le fait actuellement Laudun-l’Ardoise après un gros travail de dépollution. Nous devrons multiplier ces opérations", pointe-t-il.
Une dynamique à ancrer
Les trois autres priorités définies concernent l’accompagnement de l’innovation, la coopération territoriale, et la formation. Sur ce dernier point, la CCI du Gard imagine, en lien avec l’Éducation Nationale, de calquer l’offre de formation sur les besoins des entreprises, "qui évoluent vite" : elle cite les diplômes, "à forte coloration économique", récemment lancés dans le tourisme et l’hôtellerie. Autant de propositions enrichissant le corpus de cette étude "Gard 203", qu’Éric Giraudier va présenter aux acteurs institutionnels, dont la Région Occitanie, pour voir quelles suites lui donner. Cette phase de discussions s’ouvrira en décembre 2025.