L'économie change. Car les mentalités changent. Les dirigeants de la « vieille » industrie nous le disent. Ils l'observent, avec probablement circonspection et un peu d'incrédulité pour certains, mais aussi appétence et curiosité pour d'autres. Jean-Louis Louvel, le P-dg « autodidacte » revendiqué du groupe PGS, fabricant de palettes qui pèse aujourd'hui plus de 200 millions d'euros de chiffre d'affaires, se dit boosté par cette énergie qui émane de la jeune génération. Comme d'autres, il est séduit par cette fibre entrepreneuriale qui les singularise, probablement beaucoup plus que les générations qui les ont précédées. Face à ce mouvement émergeant, les incubateurs sont face à une problématique nouvelle : celle du nombre, plus que du chiffre ! Neoma, FFWD et les autres ne peuvent donner leur chance à tous, faute de place et de capacité d'accompagnement. En lançant en octobre NFactory, le fondateur de PGS et ses associés ont voulu apporter leur pierre à l'édifice, sans se poser trop de barrière, nous dit Jean-Louis Louvel qui explique simplement : « L'argent ? Si on a des beaux projets, on trouvera toujours les moyens d'investir ». Car l'essentiel n'est pas là, assure-t-il. Trop formatées à préparer une levée de fonds avant même d'avoir structuré leur business, beaucoup de start-up passent à côté de leur sujet. Lui veut être dans l'accompagnement, dans l'action, dit-il, « avec bienveillance ». La seule véritable clé, estime Jean-Louis Louvel, pour réduire durablement le taux d'échec de ces jeunes pousses qui reste aujourd'hui encore trop élevé.