C'est presque une révolution qui s'annonce chez Keolis à Brest. D'ici à trois ans, elle devra compter 130 à 140 conducteurs de tramway, plus des régulateurs et des agents de maintenance. Des métiers nouveaux pour l'exploitant du réseau de bus brestois. En 2012, pas moins de 25.000heures de formation sont prévues avec un budget de 900.000euros. «Nous sommes déjà une entreprise qui fait beaucoup de formation, indique Hervé Cohadon, le directeur de Keolis Brest (CA 32M€; 464 salariés). Le budget représente aujourd'hui 3 à 4% de la masse salariale quand le niveau légal est de 1,9%.»
La «Fimo» à renouveler
Chaque année, Keolis Brest dépense environ 100.000euros pour la formation. Soit 9.000à 10.000heures consacrées à diverses formations. La plus grosse partie concerne les chauffeurs du réseau Bibus. «Pour être conducteur de transport de public, il faut une formation obligatoire en plus du permis, "la Fimo", explique le directeur. Elle est de trois semaines et doit être renouvelée par un stage de cinq jours tous les cinq ans.» Un gros morceau pour un site qui compte environ 360 conducteurs. «Nous le faisons aussi passer à nos agents de maintenance qui sont amenés à conduire les bus même s'il n'y a pas de passagers», ajoute-t-il.
Les personnels techniques et administratifs ont aussi des formations régulières. «Techniques, informatiques, de management pour les responsables, etc.» L'entreprise propose aussi des stages qui correspondent à ses objectifs comme l'écoconduite, diminution des comportements accidentogènes, relations commerciales, gestion et prévention des conflits pour le conducteur, etc.
Nouveaux métiers
Mais le défi qui attend Keolis est celui de l'arrivée du tramway en 2012. «L'année prochaine, notre budget formation va monter à 6% de la masse salariale», annonce Hervé Cohadon. À partir de la fin de l'année, 110 conducteurs de tramway, 14 régulateurs et des agents de maintenance seront formés afin d'être prêts pour la marche à blanc du tramway. Keolis Brest a d'abord anticipé sur les formations Fimo à renouveler. «Nous devons assurer 25.000heures, on ne pouvait pas, en plus, libérer des conducteurs pour faire ces stages.» Car la société a choisi de former à la conduite des trams une partie des chauffeurs de bus. Ils seront 110 au départ sur les 360 que compte le réseau Bibus. «À terme, ils seront 130 ou 140. À 50-50% sur les trams et les bus.»
Référents et animateurs
Quatre formateurs référents (deux pour les conducteurs, deux pour les régulateurs) ont été envoyés sur d'autres réseaux de tram du groupe Keolis, auMans, à Bordeaux, à Lyon. Ils sont chargés de concevoir, avec des intervenants de ces réseaux, les modules pédagogiques de la formation spécifique au tram de Brest. «Ce travail devrait être fini en septembre octobre.» Ces quatre personnes doivent aussi former des formateurs animateurs: six pour les conducteurs et les 12 autres régulateurs. La formation dure trois semaines pour les conducteurs et quatre semaines supplémentaires pour les régulateurs. Toutes sont assurées en interne. «Ça nous coûterait trop chères autrement et elles doivent être spécifiques au tracé brestois.» Alstom s'occupe, en revanche, des stages techniques de maintenance.
Sureffectif
Les formations «tram» vont s'étaler sur plusieurs mois, monopolisant une partie des effectifs. Un vrai casse-tête à organiser. Fin 2011, c'est donc une quarantaine d'embauches qui sont prévues. «Nous allons donc être en sureffectif pendant quelque temps, raconte Hervé Cohadon. Mais nous avons beaucoup de départs en retraite programmés en2013 et2014, 35 sur ces deux années. Donc nous retrouverons un effectif normal de façon naturelle.»
Avec l'arrivée du tram en 2012, le réseau de transport en commun de Brest, Bibus, fait face à un nouveau défi. Former, en quelques mois, conducteurs, régulateurs et agents de maintenance spécialisés.