Aujourd'hui, les femmes représentent 46% de la population active française. Pourtant, elles ne représentent que 26% des cadres et seules 8% d'entre elles participent aux instances directionnelles. Des chiffres que l'expérience professionnelle de Claudine Esper, présidente de Femmes 3.000 dans le Var confirme: «J'ai occupé divers postes à responsabilités au cours de ma carrière, mais j'ai souvent fait figure de pionnière et encore aujourd'hui, je suis souvent une des rares femmes à un poste de direction».
Des clichés persistants
Les compétences féminines en entreprises seraient ainsi moins reconnues que les hommes? La réponse est partiellement positive car il ne faut pas exclure que les femmes elles-mêmes puissent faire le choix de mettre leur vie professionnelle en second plan ou de s'autoexclure de certains métiers. «Souvent, les femmes n'osent pas se lancer», regrette en effet Claudine Esper. Quant au système éducatif, il n'incite pas toujours les jeunes filles à se tourner vers des filières techniques ou scientifiques. Au final, certaines entreprises qui voudraient embaucher des femmes, ne trouveraient même pas de candidates. Certes, mais les entreprises auraient tout intérêt à bouleverser ces mauvaises habitudes car il existerait, selon certains experts, une corrélation entre rentabilité et taux de féminisation. Plus l'entreprise est féminine, plus elle est rentable. Et cela ne serait pas lié au niveau des salaires.
Les inégalités salariales
Les rémunérations, autre sujet sensible lorsqu'on évoque l'égalité homme-femme face au travail. Car rares sont les entreprises qui respectent l'égalité salariale. Ainsi, plus vous montez dans la hiérarchie, plus les écarts de salaires sont élevés en Paca: une femme chef d'entreprise salariée gagnait 34,9% de moins qu'un homme en 2005. Pour les cadres et professions intermédiaires, l'écart était de 20,9%. Des inégalités qui pourraient avoir la vie dure à l'avenir, l'État ayant choisi d'agiter le spectre de la sanction financière. En effet, la loi du 23mars 2006 impose aux entreprises d'au moins 50 salariés de supprimer les écarts de rémunération d'ici à la fin de l'année 2010.
À l'occasion de la journée de la femme le 8mars, état des lieux sur la place des femmes en entreprise.