La page Gad se tourne peu à peu à Josselin. Repris en septembre dernier par la SVA Jean Rozé (groupement des Mousquetaires), il porte désormais le nom de Josselin Porc Abattage (JPA). Changement de nom donc et nouvelle ère avec la confirmation d'une annonce faite lors de la reprise. Intermarché investit 20 millions d'euros sur le site josselinais. « Nous avions annoncé cet investissement, nous le confirmons. C'est lancé. Nous avons hérité d'une chaîne d'abattage mise en place quand l'entreprise s'appelait Olympig. C'est un bel équipement. Nous allons désormais augmenter nos capacités d'abattage », indique Yves Audo, vice-président d'Agromousquetaires, la filiale industrielle d'Intermarché et président de JPA.
Gagner en compétitivité
Dans le détail, l'abattoir va s'agrandir et moderniser ses lignes de découpe et celles de désossage de carcasses. Les zones de stockage vont également être augmentées. Sur un plan très pratique, cet investissement va permettre à l'unité morbihannaise de passer de 23.500 porcs abattus par semaine à 28.000 cochons par semaine. « Dans la crise porcine actuelle, on évoque un problème de compétitivité de la filière. Mais les éleveurs ne sont pas les seuls concernés. Chaque maillon de la chaîne doit être concerné notamment nous sur la partie abattage. Il faut gagner le pari de la performance », poursuit Yves Audo. Sur site, le chantier est lancé. Il devrait s'achever au premier semestre 2017.
55 millions d'euros investis sur 5 ans
Pour Intermarché, JPA est la première étape d'un important programme d'investissements. « Au total, nous investirons 55 millions d'euros sur nos trois abattoirs de porcs qui se situent tous en Bretagne. En 2016, nous moderniserons la partie abattoir de Gâtines Viandes, à la Guerche-de-Bretagne (35) et au sein de SBA, à Briec (29) (NDLR : site acquis en 2014), nous reconfigurerons l'ensemble. » La fin de l'ère Gad à Josselin ne s'était pas fait sans conséquence sociale. Aujourd'hui, l'établissement emploie 600 salariés auxquels s'ajoutent 200 CDD et intérimaires. « L'effectif est en vitesse de croisière », résume son dirigeant. Pas de soucis de débouchés pour les produits. 90 % sont acheminés vers les supermarchés et 15 % à l'export. La restauration hors foyer étant le dernier marché.
Lancement de la filière Louis d'Armel
En amont de cette chaîne, Agromousquetaires qui se définit comme « un producteur commerçant qui s'appuie sur ses différents abattoirs et charcuterie porcines » s'approvisionnent auprès des trois grandes coopératives que sont la Cooperl, Prestor et Aveltis. « Avec eux, nous voulons pérenniser l'approvisionnement et la production. Nous ne sommes que sur du porc français. » Cet engagement et ces liens ont été officialisés et contractualisés via la création de la filière Louis d'Armel. « C'est une réponse que nous proposons d'apporter aux difficultés de la filière porcine. Sous cette marque Louis d'Armel, nous fédérons les trois coopératives et 1.200 producteurs français. Nous souhaitons ainsi consolider les échanges entre les acteurs. Le label charte éleveurs Louis d'Armel valorisera auprès des consommateurs cette viande française. »
Des approvisionnements maîtrisés
S'appuyant sur ces trois abattoirs bretons, Agromousquetaires joue la carte de la complémentarité et traite désormais 100 % de ses approvisionnements. L'acquisition du site de Josselin n'était pas programmée dans la stratégie de l'industriel. « Cela a été une opportunité qu'Agromousquetaires a saisie. Clairement, nous n'avions pas prévu de construire un abattoir. Nous avons eu la possibilité de racheter Josselin et donc d'étoffer notre outil de production. Il faut aller plus loin et investir dans l'outil français pour que celui-ci reste permanent. C'est le sens de notre plan d'investissements à cinq ans au sein de la filière porc. »
Ségolène Mahias
Intermarché et sa filiale industrielle Agromousquetaires ont lancé leur programme de travaux au sein de Josselin Porc Abattage. Une enveloppe de 20 millions d'euros va permettre à l'ancien site Gad d'augmenter ses capacités d'abattage de porcs.