Toulouse
Joan Busquets : « 80 % de Jean-Jaurès sera piétonnier »
Toulouse # BTP # Attractivité

Joan Busquets : « 80 % de Jean-Jaurès sera piétonnier »

L'architecte catalan Joan Busquets a la lourde tâche de faire rentrer le centre-ville de Toulouse dans le 21e siècle. Son grand défi, concilier l'arrivée du TGV et le passé historique.

Le Journal des Entreprises : Vous travaillez avec la ville de Toulouse depuis 6 ans. Parlez-nous d'abord de votre entreprise, le cabinet Bau Barcelona ?

Joan Busquets : Nous sommes un cabinet d'architecture travaillant sur le paysage et l'urbanisme partout en Europe, avec 25 collaborateurs, mais avons des relations avec des groupements à l'étranger, ce qui nous permet de travailler sur de grands projets. Depuis une dizaine d'années, nous avons une équipe de 10 personnes à Shanghai, car les projets asiatiques sont gigantesques.

Quelle est la finalité du projet Toulouse EuroSudOuest en cours de finalisation ?

J-B. : La transformation de la ville est quelque chose de très important car le schéma du fonctionnement du 20e siècle est obsolète. Il faut étudier et mixer toutes les options, même contradictoires, travailler avec la population et le souci des nouveaux usagers mais aussi avec l'importance de l'Histoire. Une des perspectives veut que le futur de la Gare Matabiau, le Toulouse historique du 19e siècle, soit plus tourné vers Marengo d'où la nécessité des travaux de ramblas à Jean-Jaurès pour faire un lien vers la ville : 80 % de Jean-Jaurès sera alors piétonnier mais, à la différence de Barcelone, ici les trottoirs seront bien plus larges.

On parle de 300 000 m² de bureaux, 45 000 m² de commerces et 2 000 logements. N'est-ce pas déséquilibré pour garantir une qualité de vie aux habitants ?

J-B. : Ce ne sera pas un grand projet comme celui de La Défense. Certes les mégapoles sont intéressantes, mais il y a la difficulté d'y bien vivre. Dans le futur, ces bureaux urbains seront plus humains, pas trop hauts, plutôt adaptés aux petites entreprises comme les start-up. Le projet se fera étape par étape : nous travaillons avec des actions-pilotes, ce qui permet de faire des correctifs. Notre défi, c'est de faire « joli » mais de faire des choses où l'on se trouve à l'aise. La ville du futur doit être « aimable »

On évoque la construction d'une grande tour ? Quelle est votre position sur ce type de construction ?

J-B. : Nous ne sommes pas contre les tours a priori. Une tour doit être placée au bon endroit avec un bon architecte et un bon projet ! Les tours doivent avant tout traduire l'expression d'une âme. S'il n'y a pas cette âme, c'est mieux de ne pas en faire.

Vous travaillez avec des collectivités qui peuvent changer de couleur politique : quel impact cela a-t-il sur votre démarche ?

J-B. : Il faut avant tout bien comprendre la ville mais aussi les élus eux-mêmes et, finalement, on se rend compte que les différences dans le discours ne se retrouvent pas forcément dans les actions. Nous sommes ici pour écouter, comprendre et enfin donner des solutions.

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