L’industriel Jeumont Electric, basé à Jeumont (Nord), vient de consentir un investissement majeur de près de 30 millions d’euros, pour se doter de nouvelles plateformes d’essais, destinées à tester les moteurs de propulsion de sous-marins. Grâce à cet investissement, Jeumont Electric veut se maintenir parmi les leaders mondiaux des essais moteurs pour la marine militaire. L’équipementier, qui produit des moteurs et alternateurs de forte puissance, emploie près de 700 collaborateurs, répartis sur quatre sites de production en France, à Jeumont (Nord), en Champagne-sur-Seine (Seine-et-Marne), à Étupes (Doubs) et à Carquefou (Loire-Atlantique), et un en Inde. Jeumont Electric a réalisé en 2024 un chiffre d’affaires de 110 millions d’euros et nourrit l’ambition de doubler ce chiffre à l’horizon 2030.
2025, année de la rentabilité
Première étape de la croissance : atteindre les 120 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, tout en renouant avec la rentabilité. "Nous nous sommes bien améliorés sur ce point", souligne Renaud Moretti, président de Jeumont Electric. Pour mémoire, l’entreprise a connu des années difficiles, essuyant des pertes malgré un carnet de commandes bien rempli, avant d’être repris, début 2024, par Framatome (qui contrôle 69 % du capital) et Naval Group (31 %).
L’industriel nordiste travaille pour les secteurs du nucléaire civil, de la marine militaire, de la marine civile (paquebots de croisière par exemple) et de l’industrie générale. "Dans ce dernier domaine, nous nous sommes par exemple recentrés sur les machines spéciales, qui nous permettent d’être compétitifs", précise le dirigeant. L’entreprise réalise également des prestations de réparation et maintenance sur les sites de ses clients, des services qui mobilisent 20 % de l’effectif.
L’obtention de contrats structurants
En temps normal, les investissements industriels de Jeumont Electric se chiffrent aux environs de 6 à 7 millions d’euros par an. Les 20 à 30 millions d’euros dédiés aux nouvelles plateformes d’essais constituent donc un effort supplémentaire. Mais aussi indispensable, pour se maintenir parmi les leaders mondiaux des essais moteurs pour la marine militaire. Ces nouveaux équipements viennent remplacer les anciennes plateformes d’essais, devenues obsolètes face aux évolutions des sous-marins.
"Nous allons assurer le retrofit de moteurs à propulsion de six sous-marins pour l’Australie, mais aussi fabriquer les moteurs des nouveaux sous-marins d’attaque nucléaire français."
"Nous avons décroché deux affaires structurantes qui justifient cet investissement. Nous allons assurer le retrofit de moteurs à propulsion de six sous-marins pour l’Australie, mais aussi fabriquer les moteurs des nouveaux sous-marins d’attaque nucléaire français", se félicite le dirigeant. Jeumont Electric a également décroché un contrat pour six sous-marins hollandais et des discussions sont en cours avec le Brésil et l’Indonésie.
Une croissance des programmes militaires
Dans un contexte géopolitique tendu, le réarmement est désormais à l’ordre du jour en Europe. "Cela pourrait accélérer des discussions qui sont en cours", note Renaud Moretti, avant de tempérer : "Jeumont Electric a la capacité de monter en puissance sur la production de moteurs pour les sous-marins militaires, mais cela reste des contrats sur des temps longs. Quand nous remportons un appel d’offres, il y a un an d’études, 12 à 18 mois de fabrication et un an de tests". L’industriel compense ces délais en travaillant pour d’autres secteurs, comme l’industrie générale, avec des délais de fabrication plus courts. Et le dirigeant compte encore ouvrir de nouveaux marchés : "Par exemple, les variateurs et convertisseurs que nous produisons peuvent trouver d’autres débouchés que la marine, comme dans l’industrie pétrolière et gazière".