Jean-Maurice Malot : Compagnon des stars du CAC 40

Jean-Maurice Malot : Compagnon des stars du CAC 40

Ancien administrateur de Saint-Gobain, Jean-Maurice Malot a côtoyé de nombreuses personnalités de l'économie française. Désormais retraité, il assure la vice-présidence de la CCI de Libourne et la présidence du club des industriels.

Jean-Marie Messier, Michel Pébereau, Gérard Mestrallet, Francis Mer, Christian Streiff... Tous ces grands noms de l'économie française, et bien d'autres, Jean-Maurice Malot les a croisés durant sa vie professionnelle. Une carrière qui, si elle ne fut pas longiligne, se résume à une entreprise: Saint-Gobain. Un groupe dans lequel le bourguignon de naissance s'est épanoui, et dont il parle toujours avec ferveur. Tout a commencé en 1965 avec un premier poste dans le Tennessee, aux États-Unis. Jean-Maurice Malot participe à la construction d'une usine pour Saint-Gobain. La mission dure un an, avant un retour en France où il devient ingénieur fabrication. Il monte alors les échelons jusqu'à devenir directeur production et technique sur le site de Chantereine (60), qui compte 1.700 salariés. En 1983, Jean-Maurice Malot intègre la direction de la branche vitrage du groupe de matériaux de construction. Il est dirigé par Xavier de Villepin, qui lui envoie en stage son fils Dominique, futur Premier ministre. «Saint-Gobain est sans doute la seule entreprise qu'il ait connue!», s'exclame Jean-Maurice Malot.




Treize sociétés créées ou rachetées

Son arrivée en Gironde date de 1986, lorsqu'il devient directeur général de Sivaq. La PME, basée à Coutras, est reprise par Saint-Gobain, et Jean-Maurice Malot parachuté à sa tête. «J'avais comme mission d'implanter le groupe dans le Sud-Ouest. Treize sociétés ont été rachetées ou créées en 20 ans, et Saint-Gobain représente aujourd'hui 50% de parts de marché», déclare-t-il fièrement. Les résultats de l'entreprise dans le Sud-Ouest sont appréciés au siège et Jean-Louis Beffa, P-dg de Saint-Gobain, propose à Jean-Maurice Malot d'intégrer le conseil d'administration. À Paris, où se tient le conseil d'administration, Jean-Maurice Malot intègre la fine fleur des capitaines d'industries. Il sympathise avec Jean-Marie Messier, qui porte le même acronyme que lui. «Pour nous distinguer, il m'appelait JMM1 tandis que je le surnommais JMM2. Puis, en référence à un article du Canard enchaîné où il était affublé d'un Jean-Marie Messier maître du monde, je l'appelais J4M». Michel Pebereau, Gérard Mestrallet, Christian Streiff, Alain Minc ou l'ancien ministre de l'Économie espagnol José Luis Leal Maldonado siègent également au conseil d'administration, ainsi que d'autres personnalités... dont Jean-Maurice Malot a oublié les noms. À 70 ans, sa mémoire lui joue régulièrement des tours...




Homme de terrain

Même s'il fait régulièrement le déplacement à Paris, c'est de Coutras que Jean-Maurice Malot pilote les activités de Saint-Gobain dans le Sud-Ouest. «Je voulais rester sur le terrain, au plus près des hommes et du marché», explique-t-il. Dans le Libournais, l'administrateur du groupe de construction de matériaux crée le club des industriels et se fait élire à la Chambre de commerce et d'industrie. Une institution dont il est depuis 12 ans le vice-président, mais qu'il n'hésite pas à critiquer: «Les CCI sont devenues des grandes consommatrices de frais de fonctionnement et complexifient leur fonctionnement pour justifier les coûts». Il considère que les CCI devraient se recentrer sur leur mission première, le développement économique, mais pense qu'il faut conserver un établissement consulaire à Libourne, contrairement à l'une des pistes étudiées dans le cadre des réformes en cours.




Retraité actif

Retraité depuis 2008, Jean-Maurice Malot s'investit toujours dans le groupe où il a effectué sa carrière, en tant que président d'honneur du club des Saint-Gobain. Il a gardé des contacts avec certains grands patrons, même s'il a établi peu de rapports affectifs avec les personnalités croisées à Paris. «Soyons lucides, je ne jouais pas dans la même division».