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Jean-Marie Mehat : le chef d'entreprise qui s'est bâti à force de volonté
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Jean-Marie Mehat : le chef d'entreprise qui s'est bâti à force de volonté

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Jean-Marie Mehat est un bâtisseur et un battant. Dirigeant d'un groupe immobilier dans le sud du Morbihan, il se destinait à devenir carreleur. Un grave accident de la route et un cancer l'ont conduit à emprunter un autre parcours qu'il raconte dans un livre.

Jean-Marie Mehat dirige quatre agences immobilières ainsi qu'une société de promotion immobilière. — Photo : Ségolène Mahias

À tout juste quarante ans, le Morbihannais Jean-Marie Mehat a déjà vécu plusieurs vies. À la tête d’un groupe immobilier (promotion, agences immobilières et une foncière), les 8,5 millions de chiffre d’affaires réalisés ne le grisent pas. Il est beaucoup plus fier d’avoir créé 25 emplois et "de grandir avec mon équipe chaque jour. C’est ensemble que l’on réussit", assure-t-il.

Rien ne laisse à penser que ce succès entrepreneurial est né d’un destin peu commun. Discret tout en étant affable, Jean-Marie Mehat ne met jamais au premier plan son côté "phénix". Son leitmotiv : avancer malgré les épreuves de la vie. Avancer, également, comme le titre du livre qu’il a publié en 2022 où il raconte son histoire peu ordinaire.

Un grave accident et un cancer

"Comme mon père, je voulais être carreleur. Dans ma famille, on était agriculteur, carreleur, plâtrier, plaquiste. Moi, j’aimais aller aider mon père sur les chantiers les mercredis et les samedis. L’école... on va dire que je n’étais pas très assidu", sourit-il.

Collégien à Questembert, l’aventure scolaire s’arrêtera dès la quatrième "après deux redoublements", précise-t-il. À 15 ans et demi, c’est vers un CAP carreleur qu’il se dirige.

Deux ans plus tard, alors qu’il passe son examen, il est victime d’un accident de la route gravissime. "J’ai eu un traumatisme crânien, j’ai fait dix jours de coma avant de commencer de très longs mois de rééducation au centre de Kerpape, près de Lorient". Touché au dos, il doit réapprendre à se mouvoir mais aussi à parler.

"Le positif revenait. À la fin de ma rééducation, lors d’un examen, on m’a diagnostiqué une tumeur du bassin qu’il a fallu traiter rapidement." Quand le sort s’acharne, Jean-Marie Méhat tire de cette période une force. "J’aime voir le bon côté des choses. J’aime bien rire et j’ai dit à mon entourage d’être positif à ce moment-là." Après une chimiothérapie et une radiothérapie, il se remet. "J’ai voulu reprendre mon métier mais ce n’était pas possible. Je ne pouvais plus porter de charge, être à genoux. Cela m’a atteint mais il fallait avancer."

Se remettre à niveau

Avancer encore et toujours. Tour à tour ouvrier d’usine, magasinier… celui, qui n’a jamais trop aimé l’école, reprend des études. "Une remise à niveau. Il fallait", s’amuse-t-il. Il se forme alors comme collaborateur d’architecte en alternance. Ce boulimique d’activités renverse alors le cours des choses. À l’architecture, il ajoute des compétences en négociation immobilière et ouvre une agence immobilière à Pontivy. "En fait, je l’ai relancée. C’était ma mission. Un gros challenge." En parallèle, il suit de près l’activité de promotion immobilière que gère sa mère à Damgan. "Elle m’a beaucoup accompagné pendant mes périodes difficiles. Quand elle a eu besoin, j’ai été là pour elle. Un juste retour des choses."

Une revanche à prendre

Dans le même temps, il a débuté ses investissements en immobilier. "J’ai commencé par deux appartements puis de l’immobilier d’entreprise, comme l’espace galerie où je suis aujourd’hui à Muzillac et qui héberge plusieurs activités ou commerces."

L’homme est pressé, apprend vite et travaille beaucoup. D’années en années, entre 2015 et 2024, il rachète une première agence immobilière à Damgan puis une seconde en 2019 à Muzillac, passe sous l’enseigne Orpi, rachète l’entreprise de promotion immobilière de sa maman. En janvier 2025, il complète son maillage de l’arc sud morbihannais avec l’ouverture d’une quatrième agence immobilière à Theix.

"J’avais une revanche à prendre sur ce qui s’était passé. Je voulais aussi prouver que c’est possible. Cela passe par une confiance en soi renforcée. On peut prouver qu’en partant d’un niveau scolaire très faible, on peut y arriver. "

Cette prise de conscience va finalement trouver un écho public via un livre où il va raconter son parcours.

Raconter son histoire dans un livre

Le chef d’entreprise, qui voyage alors partout dans le monde, fait une rencontre en Tanzanie avec une co-voyageuse avec qui il échange longuement sur son parcours. "Elle m’a dit mais "pourquoi tu ne fais pas un livre pour raconter ton histoire et montrer que c’est possible? et cela pourrait aider d'autres personnes " Aider d'autres personnes en partageant son expérience créé un déclic : écrire son histoire. "J’écrivais un peu alors. J’avais un grand-père agriculteur qui, lui, écrivait beaucoup. " Il se fait accompagner d’un écrivain public "pour structurer le contenu."

Pensé pour son cercle familial et ses amis, le livre gagnera finalement un plus grand public. "Je me suis dit que ça pouvait parler à des jeunes. Même si on n’y arrive pas à l’école, il faut s’accrocher pour avoir de bonnes bases. J’ai donc voulu écrire un livre, court, moins de 100 pages afin de toucher ces jeunes." Tenace, il appelle des maisons d’édition et sera édité par Vérone en octobre 2022. "J’ai été fier de voir mon livre à la Fnac à Vannes." Aujourd’hui, le dirigeant est toujours volontaire pour témoigner de son parcours dans les collèges et lycées des environs.

40 ans : stop ou encore

Celui qui ne s’arrête jamais a choisi de prendre des associés dans plusieurs de ses entreprises. "C’est une façon de structurer les activités et de me dégager du temps pour de nouveaux projets." Ce féru de voyages se verrait bien remonter de nouveaux projets dans un autre pays. "Mon objectif était d’arrêter de travailler à 40 ans. Je les ai fêtés il y a quelques mois et… je travaille toujours. Je suis comme ça. Je vibre aux projets et aux opportunités. Si je regarde dans le rétroviseur, je dirai que rien n’aurait été possible sans ma famille et mes mentors professionnels. Toutes ces personnes m’ont permis d’avancer." Avec Jean-Marie Mehat, le collectif n’est jamais loin.

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