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Jean-Marie Bockel : «M2A, un territoire cohérent»
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Jean-Marie Bockel : «M2A, un territoire cohérent»

Secrétaire d'État à la justice, maire de Mulhouse, Jean-Marie Bockel est aussi président de Mulhouse Alsace Agglomération (M2A), née le 1erjanvier sur les cendres de la Camsa.


Mulhouse Alsace Agglomération est née dans un contexte économique délicat. Avec quels objectifs?


L'une des premières compétences de notre agglomération est de soutenir l'économie et l'attractivité de notre territoire. Comment? En veillant à la qualité de ses infrastructures, mais aussi de ses services à la population, l'habitat, etc. Elle le fait aussi en déployant une fiscalité maîtrisée,

mais également en faisant vivre une offre cohérente de zones économiques. Nous devons aussi favoriser les filières, les pôles: en étant plus nombreux au sein de M2A, nous avons plus de moyens, et nous pourrons mieux cibler nos soutiens. Notre philosophie n'est pas de faire le travail des entreprises à leur place, mais de créer un environnement favorable, d'initier des partenariats. Nous avons désormais un territoire plus pertinent encore pour cela.


En 2009, l'usine PSA de Mulhouse a bénéficié des mesures prises par les États européens pour soutenir leurs marchés. Avec le retrait de ces mesures, craignez-vous que 2010 soit plus délicat?


Le président de la République et l'ensemble du gouvernement ont conscience que l'automobile, c'est un emploi privé sur dix en France. C'est considérable. À Mulhouse, l'économie des services repose essentiellement sur ce secteur productif. Le gouvernement suivra tous les jours le secteur automobile. Il trouvera, mois après mois, les réponses à y apporter. Nous avons la chance, à Mulhouse, d'avoir un constructeur particulièrement attaché au territoire. Alors non, je n'ai pas de crainte majeure pour 2010. Mais je tiens à souligner aussi que les nouvelles technologies représentent désormais 3.000 emplois dans le bassin de Mulhouse. Les entreprises ont tissé un lien très efficace notamment avec le soutien des collectivités. Parce qu'il est aussi important d'avoir un pied dans l'économie de demain.
Le bassin d'emploi n'a cessé de se dégrader en 2009, plus vite qu'ailleurs...
Il a beaucoup souffert. Mais, je touche du bois, il n'y a pas non plus eu de sinistre majeur. Nous le devons à notre maillage économique, à la diversité des secteurs et de la taille des entreprises qui le composent. C'est important pour bien repartir en 2010, même si ce n'est pas gagné d'avance.
Avec l'avènement de M2A, envisagez-vous un brain-trust comme Strasbourg Éco 2020 (Cf. JDE numéro28), pour vous positionner sur des secteurs d'activité, renforcer votre attractivité...?
Nous réunissons, depuis le début des années 1990, des chefs d'entreprises représentant des grandes structures privées et publiques, des PME, des artisans, au sein d'un club de réflexion, le Cape*. Le projet du tramway de Mulhouse y avait, par exemple, été validé par le monde économique. Avec Olivier Becht, vice-président de M2A, en charge de l'économie, nous avons donc déjà des outils de réflexion. Nous devons renforcer les missions de ce club, le mettre plus en avant.
Un dernier mot sur le commerce. Êtes-vous satisfait du niveau d'activité de Porte Jeune?
Nous sommes en lien constant avec Altaréa et les commerçants. Le site a bien démarré du point de vue de la fréquentation. Mais crise oblige, le niveau de dépense par visiteur est en deçà de l'objectif, même si cela va un peu mieux chaque semaine. Pour développer l'attractivité du site et faciliter son accessibilité (signalisation, stationnement...), il y a encore quelques mutations à opérer.

*Club d'animation pour la promotion économique

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