Jean Ailhaud, créateur des santons Ailhaud, à la retraite depuis le début de l'année, poursuit aujourd'hui l'aventure de son entreprise créée en 1990, suite à un changement brutal d'activités. «Je suis devenu santonnier du jour au lendemain», rappelle ce Marseillais d'origine, né à Tunis et ayant grandi à Alès. «J'ai commencé ma carrière professionnelle dans la banque, à la Caisse d'Épargne, puis au Crédit général industriel. J'ai débuté comme employé de guichet pour devenir directeur d'agence au Crédit de l'Est, à Marseille», poursuit Jean Ailhaud. «Puis, on m'a proposé un poste en Bretagne où la banque s'installait et j'ai refusé». À 41 ans, Jean Ailhaud interrompt ainsi sa carrière. Présence au marché de Noël de Strasbourg «Je me suis demandé dans quoi je pouvais me reconvertir et ma voisine, qui était santonnière, m'a proposé de reprendre son activité. C'est ainsi qu'entre Noël et le jour de l'An, en 1990, je suis devenu santonnier. Beaucoup de mes anciennes relations dans la banque m'ont tourné le dos du jour au lendemain. De leur côté les santonniers déjà installés n'ont pas vu d'un bon oeil mon arrivée. Sur le plan commercial, je me suis demandé comment me différencier alors qu'il est très difficile de se démarquer sur le plan du prix? J'ai ainsi saisi l'opportunité en 1991 de participer au marché de Noël de Strasbourg. Depuis cette date, la société y a passé toutes la période des fêtes. Au final, ici en Provence, nous n'avons pas de grande manifestation de cette envergure liée à Noël. De plus, c'est une saison où les touristes désertent notre région». Les santons Ailhaud ont également participé au marché de Noël de Lièges, à la foire aux santons de Genève... L'entreprise a innové en se dotant dès 1999 d'un site internet marchand. «C'est très saisonnier mais cela marche très bien. Durant les fêtes, il est possible de passer des journées à simplement préparer les commandes d'internet». En 2009, la société a été labellisée "entreprise du patrimoine vivant". La même année, Jean Ailhaud s'est inscrit au sein du Prides Activ'Argile. «Nous sommes sur des métiers rares, avec des spécificités, dont personne ne s'occupe», conclut-il.
- le PROFIL