Puy-de-Dôme
"Je veux favoriser la collaboration entre les entreprises locales, qu’elles se connaissent mieux"
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Cédric Serre président du Medef 63 "Je veux favoriser la collaboration entre les entreprises locales, qu’elles se connaissent mieux"

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Cédric Serre est le nouveau président du Medef 63. L’entrepreneur clermontois, dirigeant de SR développeur (immobilier d’entreprises), succède à Claude Vincent qui a dirigé l’organisation patronale pendant 6 ans. Très engagé dans le paysage économique du territoire, Cédric Serre, à 52 ans, a réorganisé sa vie professionnelle pour se consacrer pleinement à ses nouvelles fonctions. Son objectif : renforcer la représentativité du Medef et valoriser la diversité des dirigeants.

Marié et père de deux enfants de 4 et 9 ans, Cédric Serre dirige SR développeur, spécialiste de l’immobilier d’entreprise. À 52 ans, il vient d’être élu à la tête du Medef dans le Puy-de-Dôme — Photo : Emilie Valès

Vous venez d’être élu président du Medef 63, quelles sont vos priorités ?

L’idée est de continuer à développer l’organisation et surtout le nombre d’adhérents. C’est ce qui fait le poids d’une organisation syndicale. Cela permet d’être représentatif et surtout d’être entendu. C’est un travail qui a été entrepris par mon prédécesseur et que j’entends bien poursuivre. Aujourd’hui, quatre branches font partie du Medef 63 : la banque, le bâtiment, l’UIMM, c’est-à-dire les entreprises de la métallurgie, et puis, la chimie qui nous a rejoints fin 2024. Ce qui veut dire que nous représentons localement 1 200 entreprises. Nous comptons aussi 200 entreprises adhérentes en direct. Au-delà de renforcer notre représentativité, je souhaite redonner à l’industrie la place qu’elle mérite sur notre territoire. C’est un axe qui était moins développé par Claude Vincent et sur lequel je vais insister. Un emploi industriel, c’est deux ou trois emplois de service derrière. Donc, le but est de donner de la visibilité à ces entreprises, de leur permettre de se développer, d’organiser des événements notamment à destination des jeunes publics, car on connaît la difficulté qu’ont les industriels aujourd’hui à recruter d’une part, mais également à équilibrer leurs effectifs en termes de genre. Et puis, je veux également favoriser la collaboration entre les entreprises locales, faire en sorte qu’elles se connaissent mieux.

Vous disposez d’un nouveau conseil d’administration élargi ?

Je ne suis pas là pour tout casser. Il y avait une équipe qui était en place et qui fonctionnait bien. Mais nous avons, en effet, quatre nouveaux membres, dont Sarah Da Costa, qui préside le groupe des jeunes dirigeants COMEX 40 dans le Puy-de-Dôme et Cédric Van der Meiren, le président de France Chimie Aura. J’aimerais que les adhérents du Medef s’engagent un peu plus au travers de mandats parce que, d’une part, c’est par ce biais que nous pouvons mettre en place nos valeurs et, d’autre part, car cela leur permet de mieux connaître le terreau socio-économique, de comprendre les organes de gestion, le paritarisme syndical…

"Lorsqu’on regarde la composition des adhérents du Medef, on se rend compte qu’il y a 40 % de TPE et 45 % de PME"

Vous êtes vous-même adhérent au Medef depuis 5 ans, comment votre élection s’est-elle déroulée et quelle organisation personnelle cela a nécessité ?

Claude Vincent, mon prédécesseur, avait indiqué qu’il ne souhaitait pas qu’il y ait un président de 70 ans au Medef, car cela n’aurait pas été représentatif. Arrivé vers la fin de son deuxième mandat, il a commencé à préparer sa succession et s’est rapproché de moi. J’ai été honoré même si, au début, je me suis interrogé sur ma légitimité car je dirige une société d’une dizaine de personnes. Mais lorsqu’on regarde la composition des adhérents du Medef, on se rend compte qu’il y a 40 % de TPE et 45 % de PME. J’avais donc ma place. Et je me suis organisé en conséquence. Ce qui veut dire que j’ai fait grandir mon responsable commercial, avec de la formation, de l’accompagnement en termes de management parce que, forcément, je vais avoir un peu moins de temps pour mes sociétés. Et puis, je me suis désengagé d’un certain nombre de fonctions associatives.

Vous vous êtes engagé dans plusieurs associations, quel est votre parcours ?

J’ai passé douze années à Paris au sein de grandes entreprises internationales telles que Canon, General Electric et Nike. J’ai découvert, à cette époque, le management japonais et américain et les grandes structures. En 2007, je suis revenu à Clermont-Ferrand pour épauler mon père au sein de SR Développeur, une société de promotion immobilière qu’il avait fondée en 1991. J’en ai pris la direction en 2013. J’ai aussi créé SR Immobilier, une structure qui fait de la location et de la vente de locaux professionnels, et lancé Cairn Moe, une entreprise de maîtrise d’œuvre. En parallèle, j’ai occupé plusieurs responsabilités sur le territoire puydômois, notamment la présidence du Centre des jeunes dirigeants entre 2011 et 2013, celle de l’Observatoire du logement neuf en Auvergne entre 2020 et 2023 et celle du Club des mécènes de l’Orchestre National d’Auvergne.

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