«Je suis aujourd'hui à la tête d'un capital brut de 190.000 €, soit 80.000 € nets compte tenu de mon endettement.» Les chiffres sont modestes. Sauf qu'Alexandre Retailleau n'a que 24 ans. Et il y a cinq ans, il n'avait pas un sou en poche. Sa motivation: «Je veux être acteur de mon patrimoine et agir en pleine connaissance de cause, pas me laisser endormir par le système traditionnel.» «Je suis issu d'une famille assez modeste, raconte ce Tourangeau. Je ne veux pas vivre comme cela. C'est pour cela que j'ai très tôt commencé à épargner.»
Capitalisation des revenusissus de petits boulots
Alors qu'il prépare son bac de comptabilité, Alexandre et sa soeur découvrent le "business" grâce à internet. «Par exemple, quand la mode était à la tecktonik, nous achetions des produits dérivés pour les revendre aux fans plus cher qu'on ne les avait achetés.» Dans le même temps, il entreprend un Bac+2 Commerce, part à Londres puis revient à Tours pour un master d'ingénierie du patrimoine qu'il terminera à la fin de cette année. L'argent qu'il gagne sur internet, il ne le dilapide pas. Mieux: boursier et bénéficiaire d'une aide au logement, il capitalise les revenus tirés de divers petits boulots. À 21 ans, licence en poche, Alexandre est à la tête d'une "cagnotte" de près de 15.000 €. «Je me suis tout de suite tourné vers l'immobilier. Comme livreur de pizzas, je connaissais bien Tours. J'ai pris mon temps et j'ai trouvé un studio "décoté".» Le vendredi, il décroche un contrat en CDI dans une banque dont il démissionnera ultérieurement. Le samedi, il signe l'achat du studio. «Avec 50% d'apport et un CDI, le banquier m'a suivi sans problème. Nous avons noué un véritable lien de confiance qui ne s'est pas démenti par la suite...» Deux semaines plus tard, il revend son bien avec une plus-value de 30%. Et réinvestit l'ensemble dans l'acquisition d'un T2, lui aussi "décoté". Une opération menée en 48h. «Si on veut faire de bonnes opérations, il faut être très bien informé et agir très vite.» L'impact fiscal de la plus-value? «Payer des impôts quand on gagne de l'argent me paraît tout à fait normal», soutient le jeune homme. Depuis, il a fait l'acquisition d'un autre studio financé à 100% par un emprunt couvert par les loyers ainsi qu'un lot de trois parkings. Il a tenté sa chance en Bourse avec des résultats mitigés. Acquis quelques SICAV «pour bien comprendre comment cela fonctionne.» Car ce jeune homme n'a rien d'un Rastignac. Le propos est toujours mesuré.
Apprendre à maîtriserles outils
«Ce qui m'intéresse, c'est de capter les infos, bien comprendre le fonctionnement du système macro-économique et apprendre à maîtriser les outils de gestion de patrimoine par moi-même, en les expérimentant à titre personnel. J'ai vu des gens avec un patrimoine de plus d'un million d'euros auxquels on ne parlait que défiscalisation! Moi, je suis persuadé qu'il est toujours possible dans ce pays, de créer, d'innover pour créer de la richesse.» Son master en poche, Alexandre Retailleau a déjà prévu de lancer trois activités distinctes: marchand de biens, vente sur internet et ingénierie patrimoniale. En attendant, il propose sa vision - atypique à cet âge -, sur son blog visité en moyenne 180 fois par jour.