«Nous nous sommes installés dans le bâtiment des hautes technologies (BHT) de Minatec à Grenoble en mai2010, se souvient Guido Groet, directeur financier et des opérations de Replisaurus. Mais nous étions déjà présents en France avec le rachat en 2008 de la société SET, située à Saint-Jeoire-en-Faucigny, en Haute-Savoie. Si la start-up a été fondée en 2001 par deux étudiants suédois, aujourd'hui, il n'y a que huit personnes en Suède, contre 71 en France! Sommes-nous pour autant devenus français? Je ne pense pas! Il faut dire qu'en 2006, la start-up a réalisé une levée de fonds de 11M€ auprès d'un fonds d'investissement européen pour se développer. Notre P-dg, Daniel Carl, est américain. Je suis moi-même hollandais. La langue utilisée pour travailler dans l'industrie, et en particulier dans les semi-conducteurs, est l'anglais. La nationalité n'est pas un critère d'embauche.
Esprit de start-up
«Ce qu'on veut, c'est un état d'esprit de start-up. Il faut être prêt à s'investir. On a par exemple eu des ingénieurs issus de grands groupes. Ils avaient l'habitude d'avoir un staff à leur disposition. Ici, ça ne marche pas! Cet état d'esprit de start-up est peut-être plus développé aux États-Unis qu'en Europe, mais globalement, nous trouvons les compétences. «Surtout, les pôles européens du semi-conducteur sont Dresde, en Allemagne, ou Grenoble... Les candidats sont donc généralement plus enthousiastes pour venir ici, où le cadre de vie est beaucoup plus attractif. Même nos investisseurs aiment faire des réunions ici pour profiter du ski. Et puis, c'est une ville assez internationale. Les nouvelles recrues s'intègrent facilement. Mais nous embauchons aussi bien entendu des Français! «En fait, Replisaurus a choisi de s'installer à Grenoble pour trois bonnes raisons: une collaboration possible avec le CEA-Léti, des compétences en microélectronique sur place, des aides de l'État français et, on peut ajouter aussi l'accueil dans le BHT car Geneviève Fioraso, députée de l'Isère, nous a facilité notre installation. Même si les normes de sécurité du CEA ne sont pas du tout adaptées aux besoins d'une start-up internationale! On a par exemple du mal à faire entrer nos collaborateurs américains. «Replisaurus a en effet signé un contrat avec le laboratoire Leti en 2009. Notre technologie les intéresse et nous avons décidé de créer un laboratoire commun. Oseo nous a aussi accordé une aide de 9,9M€ sur trois ans dans le cadre du projet ?cuivre? mené par le Leti et quatre industriels. «Car Replisaurus propose une technologie de rupture. Concrètement, d'ordinaire, pour déposer des motifs de cuivre sur des composants microélectroniques, il faut huit étapes de métallisation et de traitement des wafers. Replisaurus propose une technologie ?magique? (NDLR : bardée de brevets et confidentielle) pour simplifier ce procédé. Le négatif des motifs de cuivre est fabriqué sur un ?master? réutilisable... «Aujourd'hui, la technologie n'est pas encore commercialisée mais le but est que SET fabrique et vende des machines partout dans le monde et que les clients reviennent vers nous pour les recharger avec nos masters.»
replisaurus
(Grenoble) 71 personnes CA 2010: 10M€ www.replisaurus.com