«Avant de s'inscrire dans la démarche initiée par le Smictom*, on faisait déjà des choses. De par notre taille, on s'appuyait beaucoup sur notre voisin (Faurecia) pour la gestion de nos déchets, avec des bennes communes pour les cartons et les palettes. Mais sans s'en soucier plus que ça. Et en interne, c'était système D.Si on a envie de faire du tri, on collecte le papier et on va au centre de tri. Et si on n'a pas envie, tout part à la poubelle.
C'est vrai, je génère ça?
Quand le Smictom nous a invités à une réunion d'information, j'y suis allé car je suis friand de tout ce qui peut être fait dans le domaine. Un chargé de mission est ensuite venu à plusieurs reprises dans l'entreprise. Ça permet d'avoir une analyse fine, avec toutes les sources de déchets possibles. C'est une démarche très cadrée, chose qu'on ne faisait jamais. Je savais qu'on avait des déchets, mais il y en a que je ne soupçonnais même pas! En janvier, on dépassait les dix tonnes de cartons! C'est le vertige. On se dit, "C'est vrai, je génère ça?" Après ce diagnostic, le chargé de mission nous a aidés. Au départ, on se dit que ce sont des solutions qui vont coûter plus qu'elles ne rapportent. Mais ce n'est pas le cas. Aujourd'hui, on collecte au plus près du lieu de consommation, et c'est une filière qui s'autofinance complètement. Je suis autonome, je recycle, et au final, le résultat est positif. On vend les cartons et les plastiques. De l'ordre d'une tonne de plastique par mois, à 190 €. Pour le carton, c'est 80 à 90 € la tonne. C'est la société Paprec qui s'en occupe. Ça vient compenser la mise à disposition de matériel pour la collecte, la rotation des bennes qui sont louées,etc. Aujourd'hui, on réfléchit à la mise en place de compacteurs. Tout ceci fait réfléchir au rôle de l'entreprise. De la bonne volonté, on en a tous. Après, il y a les grands groupes d'un côté et les petits, où on est tous à se dire qu'on n'a pas le temps, que ce n'est pas l'urgence,etc.
Pédagogie
Vis-à-vis de l'interne, ce sont des actions qui prennent du temps. Ce n'est pas parce que les salariés n'ont pas envie de faire, mais plutôt parce qu'ils ne savent pas ou qu'ils ne comprennent pas. Il faut leur expliquer ce qu'ils ont dans les mains, et leur montrer où ça va. Il y a un effort important de communication. Et de petites actions suffisent parfois: faire tourner par exemple les fax avec des papiers brouillons. Ce sont des petits détails. Mais c'est un combat de tous les jours, il faut sans arrêt revenir dessus, car les mauvaises habitudes peuvent revenir très vite. Derrière, c'est toute la question de l'éducation. Cette démarche du Smictom montre aussi qu'il y a des choses à faire du côté des entreprises. Quand on est un particulier, on a la déchetterie à proximité. Mais quand on est une entreprise, l'éloignement de ces sites est un problème. C'est du temps, un coût... Je rêve donc du jour où l'on aura des points de collecte Entreprises partagés, comme on l'a fait avec des aires de covoiturage.
Chronoroute Bretagne
(Crévin) Directeur: Dominique Maguin 45 salariés CA 2010: 4M€ 02 99 42 67 02