"J’aimerais doubler nos actifs dans les cinq ans"
Interview # Hôtellerie # Capital

Laurent Rossi directeur exécutif du groupe Summer Hotels "J’aimerais doubler nos actifs dans les cinq ans"

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Pour la première fois depuis sa création il y a plus de vingt ans, Summer Hotels, a ouvert son capital. Pour le groupe hôtelier indépendant basé à Nice, il s’agit de se renforcer afin de doubler le nombre de ses établissements 3 et 4 étoiles. Il en compte 11 à ce jour sur la Côte d’Azur.

Laurent Rossi est le directeur exécutif de Summer Hotels, groupe hôtelier indépendant basé à Nice — Photo : HerveFabrePHOTOS

Comment le groupe Summer Hotels se porte-t-il ?

En 2025, sans fermer un seul jour de toute l’année, nous avons enregistré un taux d’occupation de 93 % sur nos 11 hôtels, 3 et 4 étoiles situés entre Cannes et Menton. Le Lakmi, à Nice, dépasse même les 99 % à l’année. Nous avons réalisé un chiffre d’affaires de 36 millions d’euros, et visons les 40 millions d’euros, et ce, sans compter d’éventuelles acquisitions.

Justement, quelles sont vos ambitions ?

Dans un objectif à 5 ans, j’aimerais bien doubler le portefeuille d’actifs que nous détenons. C’est un peu pour cela que nous avons décidé d’ouvrir notre capital.

Vous venez en effet d’accueillir Bpifrance, Sofipaca Groupe Crédit Agricole et BNP Paribas Développement à votre capital. C’est une première pour Summer Hotel, comment cette opération a-t-elle été menée ?

Le groupe a été créé il y a 22 ans et cela fait 22 ans que nous supportons tous les risques. Ouvrir notre capital aujourd’hui est un vrai virage, notamment structurel, pour notre société. Cela nous permet de nous adosser à un consortium bancaire composé de Bpifrance, BNP Développement et Sofipaca, via le groupe Crédit Agricole. Cela nous donne une solidité financière en renforçant nos capitaux propres et nous permet de voir, avec optimisme, les prochaines années, d’avoir une agilité financière qui va nous permettre de développer notre groupe. Et puis, cela nous permet aussi d’avoir un œil extérieur, ce qui est très intéressant.

Summer Hotels regroupe 11 établissements 3 et 4 étoiles, ici représentés par leurs directeurs et directrices — Photo : Herve Fabre

Aviez-vous déjà reçu des propositions ?

Oui, provenant de fonds, et que nous avions refusées. Nous avons donc travaillé avec la banque Rothschild pour faire un tour de potentiels candidats en vue d’une association. Et nous avons choisi de travailler avec ce consortium qui entre à hauteur de 18 % de capital. Des associés minoritaires donc, mais qui ont une expertise financière et qui vont pouvoir nous accompagner dans les prochaines années aussi sur des montages financiers. Nous, nous sommes hôteliers.

On se débrouille très bien au niveau de nos finances puisque nous avons une excellente note à la Banque de France et que la société va très bien. Nous voulons garder une autonomie de gestion, une autonomie stratégique de développement. Mais il nous paraissait très intéressant de s’ouvrir sur l’extérieur, sur le monde bancaire.

Au printemps 2025, Summer Hotels a fait l’acquisition de l’Hôtel 4 étoiles Royalmar, à Cagnes-sur-Mer, son 11e établissement pour lequel il investit près d’1 million d’euros en rénovation — Photo : HerveFabrePHOTOS

Avez-vous déjà des nouvelles cibles en vue en matière d’acquisitions ?

Il y a différentes cibles, des dossiers en cours d’audit. Nous recherchons toujours des hôtels de 40 chambres minimum, sans maximum. On peut dépasser les 120-130 chambres, et toujours dans la région, entre la frontière italienne et la frontière de l’Estérel.
Des vendeurs ou propriétaires d’hôtels viennent directement à nous et je travaille également avec des brokers très fiables et fidèles qui savent que nous sommes aussi des gens très fiables. En moins de dix jours, on peut prendre une décision sur un hôtel et lorsqu’on s’y engage, on ne recule plus. Entre le jour où on visite l’hôtel et le jour où on l’achète, l’affaire peut être conclue en trois mois à peine. Et notre assise financière fait qu’on peut signer toutes nos promesses d’achat sans clause suspensive de financement.

Situé en plein cœur de Nice, l’hôtel Masséna, établissement 4 étoiles du groupe Summer Hotels, affiche un taux d’occupation de 92 % à l’année — Photo : Herve Fabre

Pouvez-vous envisager de racheter un hôtel au-delà de la Côte d’Azur ?

On peut voir plus loin. Néanmoins, pour l’instant, je ne vais pas développer le groupe sur des destinations trop saisonnières. On ne va pas se jeter sur n’importe quoi car nous sommes hôteliers, mais aussi entrepreneurs. Il faut donc faire attention.
Ainsi, Nice n’est pas une cité balnéaire, c’est une cité qui grouille toute l’année, qui a une vraie renommée mondiale.

Je suis très ambitieux pour l’avenir. On ne peut pas dire serein, parce qu’il faut être très humble mais on ne stagnera pas, on aura toujours plein d’idées.

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