« Dans le processus de fabrication d'un produit, il faut toujours chercher à sécuriser ses approvisionnements. Dans le cas d'Hemarina, il s'agit de l'arénicole, le ver marin dont on extrait une molécule. L'objectif étant de développer des transporteurs d'oxygène universels pour diverses applications thérapeutiques et industrielles. Par exemple un substitut sanguin. »« Pour une start-up comme la nôtre, l'approvisionnement en matière première n'est pas évident, surtout au début. Nous avons donc fait, et faisons toujours, appel à des prestataires extérieurs. Mais rapidement, on s'est rendu compte de notre forte dépendance vis-à-vis de ces fournisseurs, sur le temps, le prix, etc. »« Notre valeur ajoutée, c'est la molécule que nous extrayons, mais elle vient du ver marin. J'en ai donc parlé à mon "board" (conseil) et nous sommes tombés d'accord pour mettre en place une ferme de vers marins. »« Étant basé à Morlaix, j'ai fait le tour du littoral breton pour trouver un emplacement. J'ai rencontré des élus locaux enthousiastes à cette idée. Malheureusement, il a aussi fallu faire face à la réglementation : Natura 2000, zone humide, loi littoral, etc. »« Nous avons eu de nombreuses réunions en préfecture où l'ont nous a fait comprendre que ce n'était pas possible. En gros, il fallait deux ans pour monter un dossier qui n'avait aucune garantie d'aboutir. »
Rachat d'une ferme marine
« Après deux ans de recherche, on s'est dit qu'il était préférable de trouver une ferme déjà existante, et qui donc possède déjà les autorisations, notamment de prélèvements et de rejets d'eau de mer. »« Début 2013, nous avons eu connaissance d'une opportunité via notre réseau dans l'aquaculture. La Ferme Marine de Noirmoutier (6 salariés ; CA : NC) était en vente car son propriétaire partait en retraite. »« Il s'agit d'une ferme de 13 hectares qui élève des turbots label rouge, et qui dégage du chiffre d'affaires. Nous l'avons donc acquise au printemps dernier. Hemarina est désormais majoritaire dans le capital. »« Nous allons continuer l'activité d'élevage de turbot car elle dégage du chiffre d'affaires. L'idée est d'ajouter à cette activité celle d'élevage de vers marins. »« Il n'existe à ce jour aucune ferme de ce type en France, alors qu'il en existe partout dans le monde. Nous sommes donc en train de rédiger un dossier pour le Fonds Unique Interministériel (FUI), qui devra être déposé en novembre. »« L'idée est de mettre en place un pilote pour cette ferme de vers marins. Il s'agit de démontrer la faisabilité d'un tel projet. Nous proposerons ensuite cet axe de diversification à, par exemple, des ostréiculteurs qui font face à des problématiques de mortalité des huîtres. »
Hemarina
(Morlaix)P-dg : Franck Zal25 salariésChiffre d'affaires non communiqué02 98 88 14 02