« L'association Breizh Amerika a organisé un premier concours de start-ups en début d'année. À la clé pour les trois lauréats : un programme d'accélération à New York. J'ai donc participé car, avec E-sensory, le marché est à l'international dès le départ pour le premier sextoy synchronisé via Bluetooth à des lectures érotiques. Le moule est prêt et on va donc lancer la production très prochainement. »
Deuxième du Concours Breizh Amerika
« On était déjà au CES (Consumer electronic show) de Las Vegas en janvier et nous avons déjà des précommandes de 25 pays différents ! L'international est donc un enjeu stratégique pour nous. Nous avons fini deuxième du concours de Breizh Amerika. En mai, j'ai pu m'envoler avec les patrons de ND-Mac System (Jean-François Istin, un autre finistérien) et Klaxoon (Rennes), à New York. Sur place, tout est prévu pour que vous ne soyez concentré que sur votre boîte. Wifi, café, nourriture. Tout est disponible rapidement. »
Un nouveau tour de table en 2017 ?
« Je venais tout juste de boucler un tour de table en France : 250.000 euros, auprès du fonds d'investissement morbihannais Nestadio et d'investisseurs privés. À cette levée de fonds se sont ajoutés un prêt du Crédit Mutuel de Bretagne de 125.000 euros et un prêt d'amorçage de Bpifrance BPI de 75.000 euros. »
« Donc je ne cherchais pas forcément d'investisseurs pour tout de suite. Mais c'était une super occasion pour continuer sur la lancée. Alors pourquoi pas en 2017 ? » « En plus d'investisseurs, on a aussi pu rencontrer des avocats, des spécialistes du marketing, etc. On a également échangé avec des patrons de start-ups italiennes car le programme est international. On partage les mêmes enjeux. » « Il y a bien sûr l'exercice douloureux du pitch en anglais. Il faut bien s'y plier et j'ai pu m'apercevoir qu'il était moins facile de parler de sextoy à New York qu'à Las Vegas ! » « En France, pour convaincre, il faut être super combatif en permanence. Aux États-Unis, les investisseurs ont une approche totalement différente. Les portes s'ouvrent très vite. Ça ne veut pas dire que c'est gagné. C'est juste qu'on va vous écouter. On est audible. Chaque rencontre est une opportunité, y compris du point de vue de ces investisseurs. »
Une soirée de charité fructueuse
« J'ai pu en faire l'expérience. Déjà j'ai pu rencontrer des éditeurs. Ce qui est très dur en France. Surtout, il est arrivé une chose incroyable. J'avais passé une journée de rendez-vous un peu partout à New York - je connais tout du métro de la ville désormais - et Jean-François Istin me dit de revenir car il y avait une soirée de charité organisée par le programme. Il me dit qu'il y a plein d'investisseuses que e-sensory pourrait intéresser. » « Je reviens donc. Au final, je n'ai pas rencontré tant que ça de contacts potentiels. Mais comme c'était une soirée de charité, j'avais quand même pris un billet. Et j'ai gagné... une heure de coaching avec un vice-président français de Goldman Sachs ! Du coup, j'y retourne en octobre. Il va m'organiser d'autres rendez-vous. On est connecté sur LinkedIn. » « Ce que je retiens de cette expérience, c'est toute l'énergie positive sur place. Et puis, les investisseurs américains sont prêts à investir dans des start-ups d'Europe, de France, de Bretagne. Certes, ils préfèrent que le patron soit sur place, mais pour ce qui est de la R & D, des ingénieurs, ils ne sont pas contre l'idée qu'elles restent sur place. De l'autre côté de l'Atlantique, c'est moins cher et il y a moins de turnover. D'ailleurs, j'y repars de nouveau, à San Francisco cette fois, dès juillet. »
Propos recueillis par Isabelle Jaffré
E-sensory
(Brest) Dirigeante : Christel Le Coq 8 salariés CA non communiqué www.e-sensory.com