«Pour lancer mon activité OpenToJob, j'ai réalisé une première levée de fonds de 100K€ grâce à des réseaux locaux. J'ai été lauréat d'Entreprendre Nord et de Lille Métropole Initiative (LMI) en 2009. Le premier m'a apporté un prêt d'honneur de 35K€; le second 25K€. Grâce à eux, je suis allé voir une banque qui m'a prêté 40K€, avec une garantie d'Oséo à 70%. Ça n'a l'air de rien, mais beaucoup de jeunes entrepreneurs ne connaissent toujours pas ces réseaux en place.
De l'argent mais surtout de l'expertise
Au-delà de leur apport financier, c'est leur expertise qui m'intéresse et le réseau qu'ils apportent. Cette première levée de fonds m'a été très utile pour le recrutement et la R & D. J'avais besoin de tenir deux à trois ans avant la commercialisation d'OpenToJob, un outil de mesure de la performance et d'engagement des salariés en temps réel dans l'entreprise. En ligne, ils peuvent en effet évaluer de manière anonyme l'entreprise pour laquelle ils travaillent, selon divers critères: valeurs, éthique, culture de la société... Ce portail collaboratif est le premier véritable baromètre social des entreprises, avec tous les indicateurs de bien-être et de performance. Nous allons bientôt être six salariés. Début 2011, j'ai donc effectué une deuxième levée de fonds de 100K€, cette fois en "love monnaie", avec des chefs d'entreprise qui croient en mon projet. Cette levée a permis d'engager un prêt bancaire de 50K€, avec l'aide de la médiation du crédit pour la finalisation de mon dossier. J'en avais entendu parler par l'association CroissancePlus, premier réseau des entrepreneurs de croissance, dont je fais partie. Je me suis inscrit sur internet (www.mediateurducredit.fr) et trois jours après j'avais un coup de fil. La médiation a permis de faciliter une situation financière complexe.
Convaincre
Derrière chaque dossier de financement, il faut un bon projet et ce qui fait la différence, c'est l'homme. Tout le monde aujourd'hui ne peut pas réussir à lever ne serait-ce que 100K€. Il faut de la conviction, du tempérament et être transparent. Dans OpenToJob, je reste actionnaire majoritaire à plus de 50%.
Se donner du temps
J'ai mis deux ans et demi à finaliser mon modèle très innovant. C'est le "time to market", le délai nécessaire de mise sur le marché. Il me fallait donc du temps et du financement. OpenToJob compte à ce jour 2.000salariés inscrits, soit une soixantaine d'entreprises clientes dont des groupes comme Vilogia, Happychic (Jules, Brice, Bizzbee), mais aussi Entreprises & Cités, Ocirp, Inatis... Je suis actuellement en négociation avec des mairies de grandes villes. À fin 2011, je mise sur 50.000salariés inscrits et 300.000€ de chiffre d'affaires.»
Propos recueillis par G.B.
son défi A la tête d'OpenToJob, premier baromètre social des entreprises, basé à Roubaix, Thomas Gadenne a levé 100K€ puis 150K€ notamment grâce à des réseaux.