« Avec plus d'une quarantaine de marathons à mon actif, j'avais toujours eu le projet de traverser un jour la France en courant. Et puis, un proche a été touché par un cancer de la moelle osseuse, et l'idée a germé d'allier une bonne cause à ce défi. Avec mon ami Gilbert Thiriez (le dirigeant de Thiriez Agro, ndlr), on s'est donc organisé pour partir ensemble, moi à pied, lui à vélo. Ça s'est décidé un peu comme ça, mais on a pu se rendre compte ensuite, à la fois combien on avait été inconscients de se lancer là-dedans, et combien on avait eu raison de partir à deux, on a vraiment pu s'encourager tout au long du parcours ! »
Ni préparation, ni logistique
« Nous sommes partis le 5 mai 2015 de Marcq-en-Baroeul, sans préparation particulière, ni logistique. Gilbert portait les bagages sur son vélo, moi j'avais une balise GPS sur le dos, qui permettait à mon assistante de me suivre. Nous avions réservé les hébergements pour les dix premiers jours, ensuite, c'est elle qui s'en est chargée au fur et à mesure de notre progression. Nous avons fait très fort au début : 65 km le premier jour, 75 km le deuxième, le tout sous la pluie. Mais du coup, j'ai eu des cloques, ce qui a rendu les trois jours d'après extrêmement pénibles, et a ralenti notre progression. Plus tard dans le parcours, je me suis foulé la cheville, ce qui aussi a rendu le parcours douloureux pendant quelques jours... Là, c'est la fatigue qui commençait à se faire sentir ! »
" Route Napoléon "
« Nous avons adopté un rythme très strict : nous nous arrêtions vers 17 h 30, nous dînions à 19 h, et nous étions couchés pour 20 h 30... Et je n'avais pas besoin de berceuse ! Le lendemain, c'était lever 7 h, et départ au plus tard à 8 h 30. La première semaine le moral était très bon, la deuxième a été la plus dure. Heureusement, la motivation de récolter un maximum de dons nous a permis de tenir, comme les nombreux messages de soutien que nous recevions tous les jours. Une fois arrivés à Lyon, ça a été plus facile, il ne restait plus que 500 km... mais pas les plus simples ! La traversée des Alpes a été compliquée, surtout pour Gilbert avec son vélo chargé... d'ailleurs, nous avons beaucoup délesté les bagages à ce moment-là, pour ne garder que l'essentiel. Nous avons suivi la « route Napoléon », et je me répétais « Si les gars ont pu le faire avec tout leur barda il y a deux cents ans, nous aussi on y arrivera ! »
54.000 euros à l'arrivée
« Ces trois semaines ont été longues, d'autant plus que nous n'étions pas en congé ! J'ai continué à gérer certaines affaires tout en courant, par mail ou téléphone - surtout l'après-midi, où le rythme était plus tranquille. Nous avons fini par arriver à Menton le 30 mai à 16 h, accueillis par nos proches. Les vingt derniers kilomètres ont été les plus durs ! Je suis fier d'être allé au bout, quand certains prédisaient qu'on ne dépasserait pas Arras, ou au mieux, Saint-Quentin... Il nous reste de belles rencontres, et surtout, la satisfaction d'avoir pu verser 54.000 euros à la recherche contre le cancer, grâce aux dons de ceux que nous avons croisés sur la route. En revanche, il m'a fallu bien six mois pour m'en remettre, et je crois que je ne referais pas un périple pareil. Mais depuis, nous avons escaladé le Mont Olympe, toujours pour notre association, « Vaincre le Mélyome ». Et nous prévoyons de traverser le Mercantour, à l'été 2018. »