«Au début des années 2000, un arrêt préfectoral a été pris interdisant le sablage en extérieur. Cette technique consiste à projeter du sable sur la tôle du navire pour enlever l'ancienne peinture.» «Cette décision n'a pas facilité notre activité. Installée depuis 1963 au Port de Concarneau, la SAEN est une entreprise de peinture et réparation navale, au départ que des navires mais depuis les années 90, aussi du bâtiment. Le naval reste notre activité principale.» «L'une des étapes est le décapage, que ce soit pour la construction ou la réparation. Deux techniques existent, la très haute pression qui demande beaucoup de moyens et le sablage, visé dans l'arrêté.» «Il y a quinze ans, nous ne faisions que du sablage. Aujourd'hui la très haute pression représente 80%. Mais nous avons encore 20% de sablage car il n'est pas toujours possible d'utiliser la haute pression. Il a donc fallu trouver une solution pour le faire à l'intérieur après l'arrêté.» «Le Port de Concarneau est dans une zone mixte avec des habitations. Il n'y a pas beaucoup de place. Nous utilisons déjà le slipway et le terre-plein, qui sont des équipements communs à toutes les entreprises du port. Ils sont gérés par la CCI.»
Autorisation d'occupation temporaire
«Il n'y avait pas de bâtiment adapté disponible pour le sablage. La seule solution était de construire. Et de construire sur l'espace portuaire. Nous disposons donc d'une Autorisation d'occupation temporaire (AOT) de trente ans.» «C'était la possibilité la plus respectueuse de l'environnement, de l'arrêté et de notre activité. Nous avons bâti la structure la plus grande possible. 36 mètres de long, 20 mètres de large et 13 mètres de haut. C'est le maximum que nous ait autorisé l'architecte des bâtiments de France.» «L'autre difficulté a été de trouver un terrain assez proche de la mer, car nous devions poser des rails pour le rendre accessible depuis le port. L'investissement a été d'environ 850.000 €. C'était un risque, mais il fallait le prendre car sinon, nous ne pouvions continuer.» «Aujourd'hui, nous nous servons du bâtiment pour le sablage mais aussi pour la peinture, qui provoque aussi des nuisances pour le voisinage. Malheureusement, tous les navires ne peuvent pas y rentrer. Nous pouvons avoir cinq à dix bateaux en même temps sur le chantier». «Nous avons eu une démarche proactive à l'époque car on ne pouvait faire autrement. Mais aujourd'hui, ça bouge. Il existe un projet de mise aux normes environnementales. Notre bâtiment pourrait même être déplacé! Pour l'instant, tout ça est seulement à l'étude par une société mandatée par la CCI, qui gère le port.»
SAEN Peinture
(Concarneau) Codirigeant: David Dizay 30 salariés 3millions d'euros de chiffre d'affaires 02 98 97 00 15