Jacques Maës : Éric Alloo définit un nouveau projet pour l'entreprise
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Jacques Maës : Éric Alloo définit un nouveau projet pour l'entreprise

En procédure de liquidation judiciaire, la société boulonnaise Jacques Maës a perdu plus d'un million d'euros en 2015. Son repreneur, Eric Alloo, réorganise l'entreprise pour lui faire retrouver un équilibre.

L'entreprise de fabrication de plats surgelés et frais connaît des difficultés. Placée en liquidation judiciaire avec poursuite d'activités, elle a été reprise, en septembre dernier, par un investisseur boulonnais : Éric Alloo. L'entrepreneur, à la tête de la holding familiale de participation Nord Fleurs Diffusion, détient 57 % du capital de la société. Finorpa était déjà au capital de Jacques Maës à hauteur de 17 %. « Entre les actionnaires et les prêts participatifs, 1 millions d'euros a été remis dans cette opération », explique-t-il. L'ancien dirigeant, Olivier Maës, reste dans l'entreprise en qualité de directeur à l'export.

1 million d'euros de pertes en 2015

Le défi qui attend Éric Alloo est de taille. L'industriel a perdu plus d'un million d'euros sur l'année 2015, sur un chiffre d'affaires de 3,5 millions d'euros. « C'est une société qui pesait encore 9 millions d'euros il y a 5 ans et qui a souffert d'un effet ciseau : toutes les mauvaises nouvelles sont arrivées en même temps », explique Éric Alloo. Parmi ces mauvaises nouvelles, des annonces indépendantes du fonctionnement de la société, comme l'envolée du prix de la Coquille Saint-Jacques, mais également des ratés inhérents à l'organisation même de l'entreprise. « Si l'outil de production est impeccable - l'usine étant bien entretenue et bien conservée - il tourne tout de même au ralenti. Dimensionné pour 1.500 tonnes par an, le site n'en sortait que 400 », fait savoir le repreneur. Même constat au niveau des forces commerciales « inexistantes » selon Éric Alloo. L'ancien dirigeant, Olivier Maës, gérait quasi à lui seul les missions de prospection.

Diversifier le portefeuille

« Jacques Maës est une entreprise qui s'est endormie sur ses lauriers. Elle n'a pas su capitaliser sur sa réussite. Elle aurait dû profiter de ces années de gros chiffres d'affaires pour monter d'autres structures et innover », poursuit Éric Alloo. L'entrepreneur se lance ainsi dans un chantier de diversification du portefeuille clients, la société boulonnaise étant restée jusqu'ici « tributaires de quelques gros marchés surgelés sur certains secteurs géographiques », explique Éric Alloo. Parmi ces secteurs, des pays comme l'Italie ou l'Espagne dont l'économie morose a conduit à une contraction des fournisseurs. Pour y faire face, Éric Alloo prévoit notamment le développement de nouveaux marchés sur des pays européens en meilleure posture : la Grande-Bretagne et l'Allemagne en tête. Sur les 37 anciens postes de travail, 28 ont été conservés, « pour les autres emplois, il s'agissait de départs en retraite ou d'absence longue durée », précise le repreneur avant d'ajouter : « la qualité du personnel compétent et des produits n'est pas à remettre en cause, mais il faut définir un nouveau projet d'entreprise, avec une nouvelle organisation de la société autour de son outil de production et de ses flux ». Selon les dires d'Éric Alloo, l'entreprise n'avait plus de capacité d'achats de matières premières et tournait avec des stocks de petite série. Éric Alloo s'intéresse depuis plusieurs mois à l'entreprise Jacques Maës.

En juin 2015, il s'était déjà approché de la structure en redressement judiciaire avec un projet de reprise. « Mais le passif était trop important, les performances commerciales pas celles annoncées. Je me suis retiré du dossier. Quand, en juin 2016, la société est entrée dans de nouvelles difficultés, Finorpa m'a reparlé de l'entreprise et de sa situation actuelle. Nous avons monté le dossier de reprise en trois semaines. L'audience a eu lieu le 13 septembre, nous avons repris l'entreprise le 19 septembre », fait savoir l'actuel dirigeant de la Société Nouvelle des Établissements Jacques Maës. Voulant apporter plus d'initiatives sur la création, le dirigeant annonce vouloir capitaliser sur la gamme fr ais et exister sur le marché traditionnel du surgelé passant, pour ce faire, par de nouvelles études de marché pour un meilleur positionnement. Pour le frais, il organisera fin 2016 une série de visites dans les supermarchés et hypermarchés de France pour afficher une présence retrouvée. L'objectif pour 2017 : un chiffre d'affaires de 4 M€, des marges à rétablir et « deux ans de tranquillité financière pour prendre les bonnes décisions ».

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