«Je suis un cuisinier du chocolat». Ainsi se décrit Jacques Bellanger, la cinquantaine heureuse, qui se consacre à plein-temps à sa passion de toujours, et tout particulièrement depuis le rachat de la chocolaterie Béline en 1998. «J'aime les choses difficiles sinon je m'ennuie». Voilà qui résume bien l'homme, devenu chocolatier par attirance pour une matière fragile. «Le chocolat exige un travail rigoureux car il est très sensible à la température et à l'hygrométrie», raconte ce passionné d'un oeil gourmand, qui n'hésite pas tout au long de la journée à goûter les chocolats qui passent devant lui! Perfectionniste, l'homme est sans cesse à la recherche du meilleur dosage afin de souligner la subtilité et l'arôme de chacun des ingrédients qu'il assemblera dans un chocolat. Quand il est en phase de création, il ne compte pas ses heures, mais avoue ne pas voir le temps passer. «C'est un métier de passion». Et ne lui parlez pas de la retraite, c'est à peine envisageable «ou alors à 70 ans, comme on l'entend aujourd'hui!»
Une vie dans le chocolat
Le chocolat, Jacques Bellanger y a consacré sa vie. Né près d'Angers, c'est à Laval qu'il passe son enfance et où il commence sa formation de pâtissier. Il devient ensuite commis auMans chez Monsieur Béline où se nouera une relation de confiance. Et, des années plus tard, c'est à lui que Monsieur et Madame Béline proposeront leur commerce en vue de leur départ à la retraite, souhaitant que leur maison quarantenaire conserve une image de qualité. Entre-temps, le jeune commis montera à la capitale, dans des adresses aussi prestigieuses que Dalloyau, où il obtiendra en 1982 le titre de meilleur ouvrier de France pâtissier chocolatier. Puis il se lance à l'international et participe à la création d'une chocolaterie et d'une glacerie à la Pâtisserie de Gascogne à Montréal au Canada. «C'est dans les années 80 qu'on a commencé à marier le chocolat avec de nouvelles saveurs comme la mangue, les épices ou le thé. Le chocolat y est devenu un véritable objet artistique». De retour en France, et fort de son expérience, il devient directeur de l'école Barry Callebault où il se découvrira un réel plaisir pour l'enseignement et la transmission de son savoir-faire. Puis l'aventure Béline, en 1998, lui offre enfin l'occasion de poser ses valises. Chocolats, pâtisseries, macarons, les créations ne manquent pas et forte de son succès, la maison Béline doit s'agrandir. En 2004, Jacques Bellanger installe alors son laboratoire et une seconde boutique dans un local de 450m² sur la zone du Ribay, auMans, dont il double la surface en 2007.
Voyages au Japon
Intransigeant sur la qualité et la provenance de ses produits, visiter son laboratoire c'est voyager dans le monde entier! Citrons de Menton, marrons de Turin, Yuzu du Japon, cacao de Tanzanie, du Pérou, d'Équateur... Autant d'ingrédients qui enchantent le palais des Manceaux, des Allemands et même aujourd'hui des Japonais. En avril2008, Jacques Bellanger fait partie des invités du Premier ministre pour sa visite officielle au Japon. «François Fillon souhaitait être entouré, pendant son séjour, de professionnels dans des domaines originaux». Ses dernières créations ont séduit l'ensemble de l'équipage, tant et si bien qu'aujourd'hui si vous prenez l'avion du Premier Ministre, vous y trouverez à disposition 1,5 kilo de chocolats Jacques Bellanger!
Une famille investie
Père de quatre enfants, Jacques Bellanger est un homme attaché à sa famille qu'il associe à sa création. Son épouse Maryse, totalement investie depuis le début de l'aventure, s'occupe de la boutique place Saint Nicolas, et son fils Vianney, ingénieur de formation, vient de le rejoindre au laboratoire, ayant contracté à son tour la passion du chocolat. Quant à ses petits-enfants, chacun a un chocolat portant son nom créé à l'occasion de leur naissance! Cet esprit de famille, il tâche également de le retranscrire avec son équipe de 19 personnes, «tous investis et passionnés, et amateurs de chocolat bien évidemment!»
Les chocolats Béline sont une institution auMans. Repris en 1998 par Jacques Bellanger, ce maître chocolatier et meilleur ouvrier de France a su donner à cette adresse une renommée qui dépasse aujourd'hui les frontières de la Sarthe.
Bérengère de Portzamparc