PGS a réalisé en 2014 une première levée de fonds (10 M€), deux implantations à l'international et plusieurs prises de participation ou de contrôle significatives. Comment justifiez-vous cette frénésie apparente ?
Tout était préparé de longue date, même si cela donne l'impression d'aller vite. Les dernières opérations en date sont donc tout à fait conformes à notre stratégie.
Et quelle est-t-elle, cette stratégie ?
Nous voulions en premier lieu parfaire notre maillage en France. Notre dernière opération en date, l'entrée au capital du groupe Josso (à hauteur de 34 %), permet à PGS d'être plus présent sur la Bretagne et les Pays de la Loire, par exemple. Ensuite en Belgique nous sommes devenus actionnaires à 100 % de notre partenaire historique Be Backer puis nous avons créé dans la foulée une joint-venture avec un autre confrère, Rodanar. En Espagne, enfin, nous avons fait l'acquisition en juin dernier d'une scierie. En termes de stratégie, ce sont des opérations mûrement réfléchies auxquelles nous avons consacré des années de travail. Je rappelle que nous sommes présents en Espagne depuis 2002 !
Vous évoquer le maillage du territoire français. Est-ce encore aujourd'hui un véritable relais de croissance pour un groupe tel que PGS ?
Cela fait mal au cœur de le dire car j'aime mon pays, mais aujourd'hui aller chercher de la croissance en France, il faut oublier ! Tous nos grands projets de développement sont en Espagne et en Belgique. Ce sont des marchés sur lesquels nous avons mis un pied puis ensuite mis en place des plans de développement.
Vous avez fondé avec Mickaël Modugno le groupe PGS en 1998 et votre déploiement à l'international prend véritablement de l'ampleur en 2014. Ce temps long était nécessaire ?
Avant d'aller à l'étranger, je crois qu'il faut être fort dans son pays. C'est un jeu de stratégie, une question de logique. Lorsque l'on met un pied sur un nouveau marché, on se confronte à de nouvelles règles de nouvelles cultures ou religions... C'est pour ça que j'avance doucement. En Belgique, De Backer aura été notre partenaire pendant quatorze ans avant que nous en prenions le contrôle. Et nous fonctionnons de la même manière en Espagne. D'une manière globale, ce sont des marchés où personne ne nous attendait.
En Espagne comme en Belgique, vous décrivez des stratégies d'implantation très similaires...
C'est une affaire de conquête. En Belgique nous sommes devenus leader. Maintenant, nous pouvons mettre en œuvre notre plan de développement. Même chose en Espagne où nous avons devant nous des années de croissance. Nous sommes sur un marché atomisé. Ce n'est donc pas difficile de devenir leader. Mais ensuite, renforcer ses positions peut prendre des années.
Vous avez également ouvert en 2014 des filiales aux Émirats Arabes Unis et au Maroc. Avez-vous programmé d'autres opérations de ce type à l'international ?
Notre plan de développement à l'international ne fait que commencer et 2015 sera l'année de l'accélération ! Nous avons en réserve des projets encore plus ambitieux sur lesquels je travaille depuis cinq ans avec mon associé. Mais pour conquérir ces pays, il y a toujours une porte d'entrée. En Espagne, c'était la matière première ; j'ai investi dans ce secteur et j'ai pu ensuite me développer en toute sécurité.
Vos deux premières implantations hors d'Europe sont-elles à la hauteur de vos attentes ?
Au Maroc le potentiel de croissance est important et les choses vont plus vite que ce que nous avions prévu. Aux Émirats Arabes Unis, par contre, nous avons pris un peu de retard. Nous sommes confrontés à des conditions particulières que nous découvrons et que nous devons intégrer. Je suis entrain d'acquérir de l'expérience, même si les premiers mois ont un coût. Mais c'est un investissement.
Vous occupez depuis plusieurs années une position de leader sur le marché français de la palette neuve et reconditionnée. Qu'est-ce qui vous pousse à tenter l'aventure à l'international ?
Notre marché se mondialise. Tout se traite aujourd'hui au niveau européen. Ma vision d'industriel est que si je restais franco-français, je m'inquiéterais pour les dix ans qui viennent ! Même sur des marchés difficiles comme l'Espagne, notre croissance est à deux chiffres car nous partons de zéro. Pour pérenniser ce que nous avons mis vingt ans à construire, il faut sortir des frontières.
Quelles sont les limites que vous vous fixez dans ce projet de développement ?
Je suis un passionné de l'entrepreneuriat. J'ai toujours eu en tête de faire quelque chose que personne n'avait fait avant. C'est pour cela que PGS a un modèle unique construit sur des valeurs humaines qui font notre force. Et aujourd'hui, nous voulons atteindre une autre dimension. Pour 2015, nous anticipons 250 M€ de chiffre d'affaires. Il existe déjà de fortes probabilités pour que nous dépassions cet objectif. Je rappelle que nous visons les 500 M€ de chiffre d'affaires à l'horizon 2017-2018. À compter de 2015, c'est une nouvelle histoire qui s'écrit pour PGS.
PGS
(Saint-Étienne du Rouvray) P-dg : Jean-Louis Louvel Effectif : 1.200 CA 2014: 208 M€ www.groupepgs.com