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Iten veut sécuriser ses processus industriels en investissant dans sa chimie
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Iten veut sécuriser ses processus industriels en investissant dans sa chimie

À Dardilly, la deeptech Iten veut révolutionner les objets connectés grâce à ses microbatteries aux multiples applications, de la santé à la Défense en passant par l’industrie. Alors que son carnet de commandes peine à se remplir, elle veut investir plusieurs dizaines de millions d’euros pour la souveraineté de ses process industriels tributaires de chaînes d’approvisionnement mondialisées.

De gauche à droite : Vincent Cobee, président d’Iten et F. Pannecoucke, président de la Région Aura — Photo : DR

Une microbatterie grosse comme un crozet. Un sac à dos de 170 milligrammes sur un frelon asiatique pour le tracer jusqu'au nid ou encore l'énergie pour une lentille connectée sur l'œil, qui permet de suivre des constantes vitales grâce au liquide lacrymal ou pour projeter des informations sur l'iris. Tous ces exemples d'applications, l'innovation d'Iten (92 salariés ; CA 2025 : NC) basée à Dardilly pourrait les rendre possible voire révolutionner certains objets connectés existants, capteurs industriels, cartes intelligentes, dispositifs médicaux ou systèmes autonomes. Une innovation qui pourrait lui ouvrir les portes des GAFAM (Microsoft, Google, BlaBlaCar, …) que son président Vincent Cobee a rencontrées à l'Élysée le 19 juin dernier en marge du salon Vivatech 2026.

Petite et puissante

Imaginez une batterie de smartphone miniaturisée jusqu'à quelques millimètres, que l'on peut souder directement sur un circuit électronique. Primée par le CES de Las Vegas en 2024 et lauréate de la French tech120 pour la 4e année, Iten fabrique des électrodes céramiques poreuses brevetées (plus de 10 années de recherche), dont la surface interne est immense par rapport à leur taille. C'est un peu comme comparer une feuille de papier plate, à une éponge pleine de minuscules cavités. L'éponge offre beaucoup plus de surface pour stocker et échanger les ions lithium. Résultat : une meilleure densité énergétique, davantage de puissance et une recharge plus rapide.

Les microbatteries d’Iten — Photo : Delphine Sauzay

Trouver le chemin de la croissance

Après avoir levé 80 millions d'euros de fonds et 60 millions de dette en 2022, la deeptech lyonnaise a commencé à produire en mars 2024. Mais entre travaux de R & D sans débouchés (environ 700 000 euros en 2024), la jeune entreprise, qui a investi plus de 30 millions d'euros en industrialisation et R & D, cumulait déjà des pertes de plus de 23,60 millions d'euros à fin 2024. Le chiffre d'affaires peine à décoller (environ 300 000 euros en 2024) alors que les projections dévoilées au Journal des Entreprises en mars 2024 prévoyaient plus de 50 millions d'euros en 2026. L'usine de Dardilly, dotée d'une capacité de 30 millions de microbatteries par an, n'en fabrique qu'un million.

La situation est tendue. C'est sans doute la raison pour laquelle le président de la Région, Fabrice Pannecoucke s'était déplacé en personne ce jeudi 25 juin. "Nous sommes forts en santé et en Défense dans la région ", a-t-il déclaré en promettant de porter Iten dans ses réseaux. Iten, qui par la voix de son président Vincent Cobee, veut "réaliser plusieurs dizaines de millions d'euros d'investissements dans sa chimie" à Dardilly. Une façon de maîtriser davantage la fabrication des matériaux actifs qui composent ses électrodes et son électrolyte.

S'approvisionner en lithium dans l'Allier

La véritable richesse d'Iten n'est pas seulement sa microbatterie, mais la recette des matériaux qui la composent. En investissant dans sa propre chimie, l'entreprise lyonnaise cherche à maîtriser la fabrication des électrodes et des matériaux actifs qui font la performance de ses batteries. Des composés (lithium, précurseurs de cathodes, poudres céramiques, etc.) qui circulent dans des chaînes logistiques mondialisées. L'enjeu est donc de préserver sa souveraineté via des approvisionnements en minerais moins dépendants du commerce mondial. Dans l'Allier, le projet de mine de lithium porté par Imerys, 4e plus gros gisement mondial, pourrait y contribuer. Il figure parmi les 150 grands projets choisis par l'Etat pour réindustrialiser la France, qui a reçu la visite du Président Emmanuel Macron le 19 avril dernier.

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