C'est tout d'abord au niveau national et international que le ton est donné. Premier groupe coopératif agricole français, placé au 6e rang européen, la société InVivo peaufine son plan stratégique pour doubler d'ici 2025 son chiffre d'affaires égal aujourd'hui à 5,5 milliards d'euros. Symbole de ce cap : le rachat en octobre dernier de la société brésilienne Total Alimentos (nutrition-santé animale) qui va propulser ses effectifs au plan mondial, à 8.000 collaborateurs. Sur un plan plus régional, l'unité InVivo de Bassens, s'inscrit dans les ambitions du groupe. Transporteur, stockeur, trader, InVivo Bassens assure en moyenne chaque année, le transit et l'export de près de 1,5 M de tonnes de céréales issues des récoltes régionales, et ce 100 % par voie portuaire. Représentant environ 30 % de l'activité France, dans la branche grains du groupe InVivo, l'entreprise girondine entend asseoir son rôle d'animateur de la place de négoce céréalière pour une centaine de coopératives agricoles adhérentes du grand Sud-ouest dont les principales : Maïsadour, Terres du Sud, Charentes Alliance....
Poursuite du partenariat avec SPBL
L'entreprise revient cependant de loin. Face à la perte de la moitié des trafics portuaires sur Bordeaux des volumes de maïs entre 2000 et 2006, qui a conduit InVivo (ex-SiGMA) a un plan social, l'entreprise a pris le taureau par les cornes, dès 2007, par une mutualisation de ses installations (silos, bord à quais...) avec l'autre opérateur céréalier de Bassens, SPBL - chacun restant indépendant sur la partie commerciale -. « Ce partenariat a conduit à une inversion des courbes et une reprise de la hausse des volumes. Il nous a permis d'aller notamment vers de l'export de blé en dégageant des lieux de stockage et des infrastructures pour le blé qui demande un traitement spécifique », indique Julien Bas, directeur d'InVivo Bassens depuis juillet dernier et ancien directeur d'exploitation au Grand Port Maritime de Bordeaux.
Des alternatives au trafic maïs
Alors qu'il y a dix ans, seulement 40.000 tonnes de blé transitaient par le port de Bordeaux, ce chiffre atteint aujourd'hui entre 300.000 et 500.000 tonnes par an. « L'un des axes pour développer notre chiffre d'affaires dans les dix ans à venir sera de poursuivre cette diversification vers d'autres produits céréaliers (tournesol, sorgho, colza, orgue...) en travaillant notre alliance logistique avec les coopératives. Nous explorons aussi de nouvelles pistes de réflexion sur, par exemple, la mise en place d'une filière export bio qui demande un circuit propre et en nous dynamisant à travers le transit de marchandises liées aux céréales telles que l'engrais. »
De nouveaux silos et séchoirs
Doté d'une capacité de stockage des céréales de 270.000tonnes sur Bassens et 80.000tonnes sur Blaye, de trois postes à quai sur Bassens et d'un autre à Blaye, d'un site embranché fer à Bassens, InVivo-Bassens, entend de même, moderniser ses infrastructures. « L'un des enjeux de notre plan stratégique est de reconstituer des capacités de stockage en renouvelant des silos vieillissants, dont certains datent des années 1960. On prévoit ainsi dans les dix ans à venir, le renouvellement d'une ou de deux fois 20.000tonnes de stockage et de séchage pour un investissement d'environ 5M? pour chaque unité », annonce Julien Bas. Dès 2015, 1 millions d'euros sera ainsi consacré à la construction d'un nouveau séchoir. Pour autant, tabler sur la croissance reste un exercice périlleux. Lié aux conditions météorologiques et aux rendements annuels des cultures, soumis aux effets de marché et aux jongleries entre acheteurs et vendeurs qui parfois stockent en attendant la montée des prix, le commerce international céréalier n'a rien d'un long fleuve tranquille et prévisible. « Sans compter que la croissance s'inscrit aussi dans un environnement amélioré en particulier les tirants d'eau permettant l'accès de plus gros-porteurs », ajoute Julien Bas, sous sa double casquette InVivo et co-président de l'Union Maritime et portuaire de Bordeaux.
InVivo
Bassens Directeur : Julien bas 50 salariés CA 2014 : 20 millions ?. Trafic portuaire : 250 bateaux/an Volume marchandise annuel : 1,1 Mt à Bassens, 200 000t à Blaye 05 56 33 47 00 www.invivo-group.com