La Normandie n’a pas su séduire les investisseurs étrangers en 2024. La région n’a en effet enregistré que 42 projets d’investissements sur cette période, soit une diminution de 25 % par rapport à l’année précédente, selon le dernier baromètre EY de l’attractivité de la France. Un chiffre supérieur à celui de la baisse nationale (1 025 projets soit une baisse de 14 %) et européenne (5 383 projets soit une baisse de 5 %). L’étude révèle que la France reste le pays d’Europe qui attire le plus de projets d’implantations et d’extensions portés par des entreprises à capitaux étrangers.
Un meilleur bilan en matière d’emploi
La Normandie ne capte que 4 % des financements venus de l’étranger en France (25 % pour l’Ile de France première du classement), se positionnant en 11e place du classement EY qui compte 13 régions. La région normande se rattrape cependant en termes d’emplois créés avec une hausse de 1 %, sur un an, qui lui permet de grimper dans le classement à la 8e position avec 1 672 nouveaux postes (soit 6 % du total des emplois créés par les investissements étrangers dans l’Hexagone). En matière de nombre d’emplois par projet, la région se hisse même à la seconde place du classement EY avec un résultat de 43 emplois par projet, juste derrière les Hauts-de-France qui comptabilisent 46 emplois par projets (moyenne France de 30 emplois par projet).
Plus de la moitié des projets en implantations et extensions de sites industriels
L’industrie reste le secteur d’activité le plus porteur pour les investissements étrangers en Normandie. Ainsi, 25 projets industriels ont été annoncés en 2024, soit 60 % sur un total de 42 projets d’investissements étrangers. Le reste des annonces concerne 8 plateformes logistiques, 4 centre de R & D, 4 centres de services, et un bureau commercial.
Le projet d’Eastman en stand-by
Les projets recensés par EY ne se concrétisent pas toujours. Certains sont stand-by, à l’image du projet d’Eastman, le géant américain des produits chimiques et des plastiques, qui a choisi de repousser la construction de son usine de plastiques recyclés en Normandie, près du Havre. Un projet d’un milliard d’euros avec à la clé la création de 350 emplois directs. L’entreprise américaine explique être confrontée "aux incertitudes réglementaires européennes en matière d’importations de matières plastiques recyclées."
Les projets de GSK et de MSC sur les rails
Parmi les autres gros projets annoncés en 2024, on peut citer celui du géant pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK) avec un investissement "pouvant aller jusqu’à 350 millions d’euros" pour son site d’Évreux (1 100 salariés), spécialisé dans la production de médicaments inhalés destinés à soigner l’asthme et la broncho-pneumopathie chronique obstructive. Un montant qui vient s’ajouter aux 400 millions d’investissements annoncés par GSK lors du sommet Choose France 2023. L’armateur italo-suisse MSC (110 000 salariés), leader mondial du transport maritime en capacité de transport de conteneurs, n’est pas en reste avec son chantier d’envergure sur le port du Havre, d’un montant total de 900 millions d’euros, afin de tripler les capacités de stockage de deux terminaux de Port 2000, le port à conteneurs en eau profonde du Havre situé dans l’estuaire de la Seine.