La France est-elle toujours une terre d'accueil pour les capitaux étrangers ? De plus en plus, selon le rapport 2016 sur l'internationalisation de l'économie française publié mi-mars par l'agence publique Business France. « Alors que l'UE enregistre une baisse drastique des flux d'investissements directs étrangers (IDE)* entrants de 18 %, la France connaît une progression de l'ordre de 5 % pour atteindre 46 milliards de dollars », à la septième place mondiale (dixième en 2015), indique ainsi le rapport. Au total, 1 117 nouvelles décisions d'investissements étrangers ont été prises en 2016, soit une progression de 16 % par rapport à l'année précédente. La « meilleure année depuis dix ans », se réjouit Business France.
Le nombre d'emplois créés ou maintenus en baisse
« Les clés de cette réussite sont les nombreux atouts du site France : sa localisation géographique, des infrastructures de communication et de transport excellentes, (...) une diversité industrielle, une forte productivité et une main-d'oeuvre très qualifiée », se félicite Business France. Si, en effet, le nombre de projets a augmenté, celui des emplois maintenus ou créés par les entreprises étrangères a par contre chuté de 11 % (30 108 contre 33 682 en 2015). Une baisse qui s'explique, selon Business France, par la reprise des sociétés Arc International et Actissia en 2015 par des groupes étrangers, qui avaient permis le maintien de plus de 7 000 emplois.
L'Allemagne au top
L'Hexagone continue d'attirer et, pour la première fois, l'Allemagne est devenue le pays le plus contributeur en termes de projets étrangers. Notre voisin rhénan a augmenté de 35 % ses investissements en France l'an dernier, représentant désormais 17 % du total des projets. Si certaines entreprises étrangères s'implantent en France pour y conquérir en direct le marché hexagonal, d'autres s'en servent comme « base arrière » pour exporter. Le groupe pharmaceutique anglo-suédois AstraZeneca, par exemple, exporte 90 % de la production de son site de Dunkerque. En 2016, comme en 2015, 30 % des exportations françaises ont été réalisés par des filiales de groupes étrangers sur place. L'Italien Bolton Group et son investissement de 2,5 millions d'euros dans l'extension de sa filiale Saupiquet à Quimper, le Suisse Liebherr Aerospace et ses 14 millions d'euros investis sur son site de production de Toulouse, la création d'un nouvelle unité de production à Bitche par l'Allemand Car-ita après une première implantation en 2014... L'an dernier, les investissements étrangers ont concerné toutes les régions françaises. Si l'on zoome sur les performances des territoires en nombre d'emplois créés ou maintenus par des entreprises étrangères, le palmarès évolue peu d'une année sur l'autre.
La moitié Est de la France reste plus attractive
Entre 2015 et 2016, le top 12 des régions les plus accueillantes pour les investissements étrangers est sensiblement resté le même. Seule la Normandie a bien moins attiré en 2016 (- 5 places), mais l'investissement, en mars, de 50 millions d'euros du danois LM Wind Power à Cherbourg, qui devrait générer 550 emplois en 2018, devrait faire remonter son degré d'attractivité l'an prochain. L'Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie continuent d'accueillir plus de la moitié des décisions d'investissements étrangers, et les Hauts-de-France conservent leur 2e place en nombre d'emplois créés ou maintenus après l'IDF. Enfin, le clivage Est-Ouest perdure, avec une attractivité plus grande pour les régions allant des Hauts-de-France à Paca, proximité avec les pays limitrophes (Belgique, Allemagne, Suisse, Italie) oblige.
*Investissement direct étranger (selon l'OCDE) : création par une entreprise étrangère d'une filiale, acquisition d'une entité déjà existante, ou injection de fonds pour l'accroissement des capacités de production de filiales ou le soutien d'une filiale en difficulté.