La Région, le Grand Lyon, le Pres Université de Lyon ou encore des industriels phares comme Danone, L'Oréal, Sanofi ou l'Institut Mérieux se mobilisent pour soutenir la candidature lyonnaise à la création d'un IRT infectiologie, portée par Lyonbiopôle. Le programme gouvernemental d'investissements d'avenir prévoit la sélection de quatre à six projets en France, pour un montant total de 2 Md€ cofinancé par l'État. «Notre projet porte sur environ 400M€ pour bâtir le site de Lyon et son antenne parisienne, à l'Institut Pasteur», précise Laurent Archinard, président du pôle de compétitivité. 25% de la part de l'État sont consomptibles, ainsi que les intérêts des 75% restants. Les collectivités locales seraient enclines à apporter plus de 50M€, notamment le Grand Lyon qui pourrait libérer du foncier. Le solde sera apporté par les industriels associés au projet, sous différentes formes. À l'heure de la présentation à la presse, mi-janvier, le dossier n'était pas totalement ficelé, la candidature devant être remise mi-février pour un rendu en mars-avril.
Recherche et valorisation
L'objectif de l'IRT infectiologie est de regrouper des équipes interdisciplinaires avec une finalité industrielle: il ira jusqu'à la valorisation des efforts de recherche. Il s'étendra sur 30 à 40.000m² à Gerland, ce qui en ferait le deuxième site en microbiologie au monde et disposera d'un site à Paris. Les deux programmes principaux (les nouvelles thérapies, vaccins et probiotiques, ainsi que les nouveaux systèmes diagnostiques) seront articulés sur cinq plateformes. «Il y a actuellement un décalage complet entre la production de connaissances et l'innovation, souligne Laurent Archinard. Car l'approche est trop dogmatique. Or les coûts d'investissement sont désormais tels que même les leaders mondiaux doivent s'allier avec des compétiteurs pour innover.» La France, leader de la production de vaccins, est dépassée en matière de biotechnologies, alors que les besoins de santé sont considérables. L'enjeu sanitaire est évident, et les retombées économiques le sont tout autant selon les porteurs du projet: «Il nous est difficile de modéliser le développement économique sur dix ans. Mais on sait que 100M€ de chiffre d'affaires génèrent au minimum 500 emplois en industrie et beaucoup plus en services. Nous attendons au minimum 1Md€ de chiffre d'affaires... il suffit de faire le calcul!», avance Laurent Archinard.
De l'université aux PME
En allant de la recherche pure à sa valorisation, l'intérêt du projet est d'associer tous les échelons de la chaîne de valeur, de l'université aux PME. Et favoriser la création (ou l'implantation) de sites de production en local est un gage de sécurité pour l'avenir. «Dans le domaine de la bioproduction, il est tellement complexe de monter un site qu'une fois qu'il est en place, on ne le bouge plus», analyse pour sa part Alain Mérieux, président de l'Institut Mérieux. L'expert, qui croit aussi au projet de doublement du laboratoire P4 (unique exemplaire de France) dans le quartier de Gerland, veut voir dans ce projet un moyen de «transformer une volonté politique en innovation produit ». Et espère voir le gouvernement développer un «capitalisme industriel» favorable à l'entrepreneuriat et à la durabilité des capitaux. «Le développement de ces produits est très lent, il faut compter entre 8 et 20 ans, rappelle-t-il. Or les venture capitalistes raisonnent en nanosecondes. Imaginez le choc culturel!» Le projet lyonnais semble avoir ses chances face à son concurrent principal, porté par le pôle de compétitivité parisien Medicen. Dans tous les cas, il aura permis de confirmer la capacité des acteurs locaux à se mobiliser.
Lyonbiopôle est candidat à la création d'un Institut de recherche technologique en infectiologie, avec l'appui des collectivités, universités et industriels.