Tous les indicateurs ou presque le confirment. La reprise semble pointer le bout de son nez. Pour autant, une croissance forte allant généralement de paire avec des investissements significatifs, on peut réellement se demander si 2011 signera définitivement la fin de la crise.
Contraction dans l'industrie: «inquiétant»
Interrogés par la direction régionale de la Banque de France, lors de sa traditionnelle enquête annuelle, les patrons bretons n'ont pas fait montre d'un optimisme débordant s'agissant justement de ces investissements à venir. Dans l'industrie, les entreprises de Bretagne tablent ainsi sur une contraction de l'ordre de 2,6% pour 2011. Ce que Jean-François Chaudru, directeur régional de la Banque de France, qualifie d'«inquiétant.» Pire, dans le BTP, la baisse attendue s'établit à -6,3%. C'est le bâtiment qui plombe le moral de tout un secteur, avec une prévision de baisse de 14% environ. Dans les travaux publics on est en effet plus confiant, avec une hausse de 4%. Les chantiers de la LGV, du métro rennais ou du tramway brestois y sont évidemment pour quelque chose.
Les services marchands ont le vent en poupe
Ces chiffres ne sont, rappelons-le, que des prévision
s. Et c'est seulement à la fin de l'année qu'on pourra effectivement dire si les chefs d'entreprises voyaient juste. Pour autant, un enseignement peut déjà être tiré de cette enquête: en ce début d'année, le moral des dirigeants bretons n'est pas particulièrement au beau fixe. Alors comme tous les ans ou presque, il faut désormais se tourner vers les services marchands pour entrevoir des perspectives plus radieuses. Transports et entreposages, information et communication, activités d'ingénierie et nettoyage entrevoient à eux tous une hausse des investissements de près de 50%. Et c'est dans le transport que les perspectives sont les meilleures. Les projets de construction de plates-formes logistiques, jusque-là mis de côté pour cause de crise, sont ou seront sortis des cartons dans les prochains mois.
«Scénario de reprise lent et progressif»
Au final, «la reprise n'est pas véritablement là, conclut Jean-François Chaudru. Et cela se traduit par une connotation finalement négative, notamment en raison des investissements.» Et de souligner que, pour 2011, «il ne faut pas attendre de grands changements par rapport à 2010. C'est un scénario de reprise lent et progressif.»
P.C.
Conjoncture L'enquête de la Banque de France sur les entreprises bretonnes révèle des perspectives d'investissements à la baisse dans l'industrie et le BTP.