Un pessimisme qui s’aggrave et qui s’étend. C’est, en substance, ce que l’on peut tirer de la dernière enquête du Club des ETI de Nouvelle-Aquitaine, qui réunit 130 entreprises (100 000 emplois cumulés) parmi les plus importantes de la région. Interrogeant le moral d’une soixantaine de dirigeants (10 Md€ de CA et 45 000 salariés en cumul).
"Méandre administratif"
Interrogés sur l’hostilité grandissante du contexte macroéconomique, un peu plus d’un quart (26 %) des répondants reste plutôt optimiste mais la majorité (74 %) est pessimiste. Cet indicateur atteint même 94 % quand on leur demande leur avis sur la situation économique nationale. 47 % sont ainsi "très pessimistes", un chiffre en progression de 31 % par rapport à 2025.
Les errements budgétaires du gouvernement Lecornu sont certainement pour beaucoup responsables de ce marasme : le bilan du budget récemment voté est "mitigé" pour les ETI régionales, notamment le maintien du niveau de la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises). "Surtout, les vrais enjeux indispensables aux ETI sont occultés et notamment celui de la simplification. Les ETI sont également perdues dans le méandre administratif", ajoute le rapport.
Des activités fragilisées
Elles soulignent aussi, toujours dans l’enquête de conjoncture, que le contexte fragilise leur propre situation en tant qu’entreprise. 22 % jugent leur situation encore très saine, un indicateur en chute de 12 %, 18 % la jugent préoccupante et la majorité (60 %) "plutôt saine". 18 % (+ 8 % par rapport à 2025) pensent que la situation de leur entreprise va s’aggraver, 12 % qu’elle va s’améliorer (-12 %) et 53 % qu’elle va rester la même. Pour 2026, elles sont davantage préoccupées — que l’an dernier — par la conjoncture (+ 10 %) et les difficultés de trésorerie (+ 10 %) que par le recrutement (-14 %) ou la multiplication des normes (-4 %).
Des investissements majoritairement maintenus
Du côté des investissements, en revanche, les indicateurs restent stables : 55 % pensent qu’ils resteront stables, 25 % qu’ils augmenteront, 20 % qu’ils diminueront. Pour 60 % des entreprises interrogées, ils devraient être réalisés majoritairement dans la région (18 % hors région, 22 % à parts égales).
D’après les montants prévisionnels desdits investissements, plus d’un milliard d’euros devraient être investis par ces entreprises en 2026 dont 624 millions en Nouvelle-Aquitaine, principalement dans la transformation digitale et industrielle, la cybersécurité, l’IA et la formation. 11 % ont plus de 100 recrutements prévus en 2026.