Invest in French Metropolises : « En France, tout ne se passe pas à Paris »

Invest in French Metropolises : « En France, tout ne se passe pas à Paris »

Eric Tardieu, directeur de l'agence de développement économique de Toulouse Métropole, revient sur la création de l'association Invest in French Metropolises.



Quelle est la vocation de l'association Invest in French Metropolises créée le 18 juin à Lyon ?

Il s'agit d'un club regroupant à ce jour sept agences de développement économique métropolitaines. Son siège est à Bordeaux et nous en sommes tous coprésidents. Nos objectifs sont d'échanger des bonnes pratiques et d'élever notre niveau de professionnalisme mais aussi, clairement, de faire du lobbying. C'est-à-dire de promouvoir le fait métropolitain en France et à l'international pour être davantage reconnues dans un réseau où l'AFII (Agence française pour les investissements internationaux, ndlr) s'appuie essentiellement sur des agences régionales.


Or, selon vous, l'échelon régional n'est pas adapté ?

Le rôle des régions est évidemment essentiel en matière de développement économique et il est d'ailleurs amené à se renforcer. Mais concernant ce métier précis qu'est la prospection internationale, les faits montrent que ce sont les métropoles qui sont visibles. Un investisseur étranger va choisir Toulouse ou Lyon et non Midi-Pyrénées ou Rhône-Alpes parce qu'elles sont des noeuds logistiques, qu'elles concentrent l'économie, l'emploi, les compétences, les universités, les centres de recherche, etc. Le dernier baromètre de l'attractivité du site France, établi par Ernst&Young, montre que la France est en recul par rapport à la Grande-Bretagne et l'Allemagne, alors que nos métropoles qui sont historiquement dotées d'une agence affichent de bons résultats. C'est notamment le cas de Lyon qui a enregistré en 2012 un nombre record de projets d'implantation.




Ne craignez-vous pas d'entrer en concurrence sur certains dossiers ?

Notre discours envers les investisseurs étrangers comporte trois niveaux : d'abord, il s'agit de défendre la candidature de la France par rapport à celle d'autres pays. Puis de dire qu'en France, tout ne se passe pas à Paris. C'est ensuite seulement que se pose la question d'une éventuelle concurrence entre les métropoles, sachant que chacune a des compétences spécifiques et que sur l'aéronautique par exemple, la légitimité de Toulouse est incontestable.


Neuf mois après la création de l'agence de Toulouse Métropole, quel est son bilan ?

Il nous a fallu d'abord mettre en place "l'intendance" et recruter trois personnes, responsables de la prospection, de l'accompagnement des entreprises et de l'administratif, communication, marketing. Ce n'est que le 4 juillet que nous ferons valider, en conseil d'administration, notre feuille de route à un et trois ans. Mais je peux d'ores et déjà vous dire que de nouvelles forces vives vont être recrutées d'ici à la fin de cette année. Deux chargés d'affaires sectoriels, avec des profils commerciaux, cela serait idéal. Nous allons aussi nous appuyer sur l'écosystème des pôles, clusters, Pres, etc. pour affiner notre ciblage sectoriel. Cela se traduira par quatre voire cinq missions de prospection à l'international, en cours de validation. Côté projets, nous en accompagnons actuellement une petite dizaine, qui étaient dans les tuyaux avant la création de l'agence. Nous ne les avons donc pas détectés mais nous aidons par exemple à l'installation des salariés. S'y ajoutent trois prospects que nous espérons voir se transformer en projets mais c'est un processus qui est toujours long.