Intérim : Les recettes d'une intégration réussie

Intérim : Les recettes d'une intégration réussie

Sur fond de reprise, les entreprises françaises refont appel aux intérimaires. Ce regain repose la question de la bonne intégration des travailleurs temporaires et de leur sécurité au cours de leur mission. Un enjeu qui se règle grâce au dialogue. Dossier réalisé par Sébastien Payonne

Grande victime de la crise des deux dernières années, l'intérim retrouve des couleurs sur fond de reprise économique. Poussée par une industrie en net redressement, la France dénombrait ainsi 665.200 travailleurs temporaires à la fin février, soit 18,1% de plus que l'an passé à la même époque (source : Pôle emploi). Indicateur d'un regain d'activité, le retour en force de l'intérim repose cependant l'épineux problème de la bonne intégration des travailleurs temporaires. Évoluant majoritairement dans l'industrie (47,2%) et à des fonctions d'ouvriers (78,6%), devant maîtriser des méthodes, sites et machines de production différents, les intérimaires n'ont souvent que très peu de temps pour s'adapter à cette nouvelle donne perpétuelle. En 2008, un intérimaire ne restait ainsi pas plus de deux semaines en moyenne sur le même site, et 25% des missions ne duraient qu'un jour!




Un enjeu de sécurité

Tout cela résulte sur une vraie vulnérabilité des travailleurs temporaires: ils sont en effet deux fois plus exposés aux accidents du travail, tant en termes de fréquence que de gravité. «En matière d'accident du travail, le risque est en effet le plus important au moment de la prise d'un poste, ou lorsque le salarié est jeune ou peu expérimenté. C'est souvent le cas d'intérimaires qui sortent d'écoles ou de formations premières», souligne Claire Gerson, responsable marketing du pôle candidats intérimaires et membre du comité de prévention du groupe d'intérim Randstad. Particulièrement préoccupant sur le plan humain, ce risque accidentogène n'est pas non plus sans conséquences sur un plan économique. L'entreprise faisant appel au travailleur victime d'accident doit en effet verser un tiers de sa cotisation d'accident du travail, le solde étant à la charge de l'agence d'intérim. Et sur le plan juridique, l'entreprise utilisatrice peut même voir sa responsabilité engagée en cas de faute inexcusable, si jamais elle n'a pas pris les mesures pour préserver les salariés d'un risque dont elle aurait dû avoir conscience. Devant ces facteurs, une bonne intégration de l'intérimaire se révèle donc stratégique. D'une part parce qu'elle permet de réduire la dangerosité éventuelle d'une mission et de protéger les hommes. De l'autre, parce qu'un intérimaire bien intégré sera en mesure d'être plus efficace et plus productif, ce qui contribuera à optimiser le coût d'une mission. Enfin, parce qu'une intégration bien pensée doit prendre en compte, lorsque cela est nécessaire, des éléments de confidentialité nécessaire pour éviter que le savoir-faire de l'entreprise s'évapore avec le départ d'intérimaires vers des missions réalisées sur des sites concurrents.




Un dialogue à trois

Pour arriver à mettre en place cette intégration, tout est question de communication entre les trois parties prenantes d'une mission: l'entreprise utilisatrice, l'agence d'intérim et le salarié. Cette communication passe par un important travail en amont de la mission, et la mise en place de principes simples, mais malheureusement trop souvent négligés. Des principes qu'il faut de plus actuellement un peu dépoussierrer: avec l'incursion de l'électronique dans la vie quotidienne des entreprises (badges d'accès, intranet,etc.), l'intégration se met en effet de plus en plus à la sauce numérique. Un tournant qu'il ne faut, là aussi, pas manquer pour le bien travailler de tous.