En Ille-et-Vilaine, depuis dimanche 26 janvier, les inondations touchent des milliers de particuliers, qui ont dû être évacués de leurs logements. Mais elles touchent aussi les entreprises, de manière plus ou moins forte selon leur situation sur le territoire. Certaines s’en sortent avec des sous-sols inondés, d’autres avec des fermetures forcées par la montée des eaux. Dans un contexte économique déjà chargé d’incertitudes, elles doivent faire face à ce nouveau coup dur.
Le Medef ouvre une cellule de crise
À Rennes, dès lundi 27 janvier, le Medef Ille-et-Vilaine a fait savoir à ses adhérents par un courrier et via les réseaux sociaux qu’il se tenait prêt à leur apporter son soutien. Une ligne téléphonique et un contact par courriel sont dédiés aux adhérents de l’organisation patronale, qui sont environ 3 000 dans le département (02 99 87 42 97, @email). "Nous ouvrons cette cellule de crise pour les accompagner sur différents sujets, en lien notamment avec les agents généraux d’assurances. Nous pouvons les aider et les mettre en lien par exemple avec la direction du travail, l’Urssaf ou la DREAL", souligne son président Éric Challan-Belval.
Une entreprise de Pléchâtel, fabricant d’aliments pour animaux, a dû réorganiser le planning de ses collaborateurs. D’autres comme des restaurants à Bréal-sous-Montfort ou Guipry-Messac vont devoir mettre en place un système d’activité partielle.
Ne pas rester seul et faire les démarches dans les règles
"Il ne faut pas rester seul, conseille Éric Challan-Belval. L’Urssaf et la direction du travail peuvent être compréhensifs dans le non-paiement immédiat des cotisations, mais il faut faire les choses dans les règles."
Ce type de mesures d’urgence a pour but d’aider les entreprises à se relever d’un tel événement impactant leur activité. D’autant qu’il peut parfois avoir un impact important sur le chiffre d’affaires.
Le représentant de la CPME 35 en Pays de Redon, Jean-Pierre Rolland, a fait le compte. Son magasin de distribution de carrelage, "Si j’avais su", est sous 80 centimètres d’eau. C’est la deuxième fois qu’il connaît un tel épisode. "Si cela dure une semaine, comme cela a été le cas en 2019, je vais perdre trois mois d’exploitation", regrette-t-il. Le temps de tout remettre en état puis de communiquer auprès de la clientèle.
Il n’est pas le seul à être touché. Bretagne Matériaux, Perin, Leclerc ou encore Intermarché ont vu leurs locaux envahis par les eaux à Redon depuis mercredi 29 janvier.
Demander à l’État des exonérations de charges et taxes
"Une quarantaine de PME ou TPE ont pris contact avec nous pour nous faire part de leur détresse", confie Jean-Pierre Rolland. La CPME 35 invite également les entreprises à la contacter pour leur apporter son aide (@email).
"Nous espérons une reconnaissance de catastrophe naturelle et voulons demander des exonérations de charges et de taxes au prorata temporis, indique Jean-Pierre Rolland, afin que les entreprises puissent se réorganiser, reprendre leur souffle et redémarrer ensuite leur activité."